Aux Lecteurs. Analyse de brunobertez Il n’est de vérité que du tout. 6 décembre 2018
Editorial. Macron et Draghi, même combat :
serrez vous la ceinture, sacrifiez vous et nous accepterons de donner un
avenir à vos enfants.
Avertissement ; est il possible de lutter socialement si on ne
comprend pas la société dans laquelle on vit ? L’expérience enseigne que
la réponse est non. Ici je vous explique pourquoi vous devez lutter
contre Macron, mais pas que…
[Reuters] Europe must fight illiberal forces, Draghi warns
Traduction : L’Europe doit combattre les forces illibérales avertit Draghi.
Il y a beaucoup à dire sur pareille déclaration qui, il faut le
souligner intervient à la fin de son mandat et au terme de la politique
monétaire non conventionnelle qui a débuté non pas en 2014 avec les QE,
quantitative Easing mais avec Le SMP, “Securities Market Program.” en
2010 ! Juste deux observations. Il faudrait un livre, que dis-je une
collection pour traiter de ce qu’évoque le propos cynique de Draghi. Ce
livre il faudrait le traduire en toutes les lengues et être capable de
le mettre en bandes dessinées pour en favorsier la compréhension par le
public.
D’abord la forme « il faut » : d’où sort ce « il faut »
de quelle autorité Draghi technicien non élu , stipendié de la finance
et de la banque, se croit-il investi ? La soi disant indépendance des
banques centrale ne lui confère aucun droit à donner des ordres à la
politique. Ce »il faut » illustre tout à fait la prétention
des financiers à régenter le monde , à dicter leur loi aux
gouvernements, au souverain et au peuple. Il y a la dedans la prétention
de limiter le suffrage universel au choix rocardien de la couleur des
cages d’escalier des immeubles collectifs.Draghi a été le banquier central le plus autocrate, il refuse toute
critique, tout débat et il ne rend compte à personne à l’inverse de la
Fed qui au moins comparait périodiquement devant les élus et est
cuisinée durement. Draghi n’a jamais répondu à aucune question dans
aucune enceinte ; à ceux qui ont essayé il a cloué le bec de façon
péremptoire. Il a ridiculisé les élus des Pays Bas qui avaient prétendu
le cuisiner. Avec l’aide de l’hypocrite Merkel il a roulé dans la farine
les plus hautes instances constitutionnelles allemandes.Par ses décisions sur les volumes de monnaie, de crédit et le niveau
des taux, il a déplacé des trillions et des trillions ! Il a donné
gratuitement des trillions aux uns, à ses pairs banquiers et volé les
épargnants et caisses de retraites et d’assurances par centaines de
milliards, transformant le pouvoir de taxation des gouvernements en un
ridicule hochet. Les gouvernements jouent avec des Milliards, Draghi
joue , jongle avec des centaines de Milliards.Avant la crise le bilan de la Banque Centrale était de 1,5 trillions,
il l’ a fait passer à 4,7 trillions soit plus de 41% du GDP de la Zone.Après le SMP de 2010, Draghi a fait le LTRO, “Long-term Refinancing
operations (LTRO) de 2011 qui a donné 640 milliards quasi gratuitement
aux banques afin qu’elles achètent des emprunts d ‘état qui rapportaient
beaucoup à l’époque.En 2012 il a annoncé le fameux « coûte que coûte » et l’OMT,
“Outright Monetary Transactions » program (OMT). Pur cadeau par lequel
il donnait toutes garanties au secteur financier quel qu’en soit le prix
, le fameux « whatever it takes » qui a enrichi tous les spéculateurs
du monde, lesquels ont ainsi été assurés, certains, de ne plus jamais
enregistrer de pertes, ces spéculateurs qui ont pompé la richesse
européenne sans lever le petit doigt ou courir un risque.Pour couronner le tout, Draghi a lancé en 2014 le sinistre
Quantitative Easing, pour 2,7 trillions, somptueux cadeau aux banques,
souvent utilisé pour spéculer à l’étranger, chez les émergents ou ils
viennent encore d’enregistrer des pertes colossales !
Ensuite le contenu. C’est un
aveu d’échec bien sûr ! Car si il faut accompagner la politique monétaire
scélérate , ruineuse, mensongère qui a été menée par une autre
politique , fiscale, sociale, cela signifie que l’action monétaire n’a
pas été efficace. Draghi reconnaît ainsi que la politique, la vraie
politique, doit être au service de la monnaie, la sienne, celle qu’il a
conçue et non l’inverse. C’est le fétiche qui commande la politique,
qui régente la société et il doit décider de l’ordre social qui le sert
le mieux.L’ordre social qui sert le mieux cette monnaie ce serait l’ordre libéral puisque l’ordre illibéral lui le dessert.
Draghi est un faussaire et pas seulement en fausse monnaie car c’est
l’ordre actuel qui est illibéral, c’est un ordre dirigé, un ordre
constructiviste, dissymétrique par lequel des techniciens/idéologues
s’arrogent le droit de décider du paramètre essentiel, du
catalyseur de la vie économique, la monnaie et de la variable
fondamentale qui régit les rapports dans le temps : les taux d’intérêt.
L’ordre actuel est illibéral, c’est le règne de l’inversion ! L’ordre
actuel est illibéral, c’est l’ordre du faux capitalisme, l’ordre du
capitalisme monopolistique d’état et de banques centrales réunies.
C’est un ordre de socialisme monétaire, de pseudo socialisme, avec
dure loi du marché pour les faibles et protection monopolistique pour
les ultra riches.Un ordre de pillage de la monnaie pour les uns, un ordre de
socialisation des pertes et des risques pour les ultra-riches. L’ordre
actuel est un ordre dur de capitalisme pour les faibles et un ordre
socialiste crony, de connivence pour les ultra riches. Les gains pour
les uns et les pertes pour les autres.
C’est la division/spécialisation du travail du post modernisme, les
uns travaillent, les autres jouissent. Les uns obéissent, les autres
commandent. Les uns produisent les autres consomment. Les uns se
coltinent le poids du réel, les autres gèrent l’imaginaire.Personne ne relève le caractère scandaleux de cette affirmation de
Draghi ; « la politique monétaire choisie unilatéralement par un homme,
par une classe doit pouvoir imposer ; imprimer sa marque à tout le
reste car sinon elle n’est pas efficace » !
Incroyable prétention, dont je n’ai vu aucune analyse dans les médias, dont je n’ai entendu parler aucun homme politique.De fait implicitement Draghi avoue que la politique monétaire n’a pas
fonctionné , qu’elle n’a pas rétabli durablement la croissance. Quelle
est l’utilité de cette politique monétaire si elle manque son objectif
après 3,2 trillions de monnaie bidon tombée du ciel et si après l’avoir
pratiquée on est obligé de reconnaître qu’elle n’est pas adaptée au
monde réel et .. qu’il faut changer le monde !
La monnaie bidon n’est pas une monnaie vivante, la seule monnaie
vivante est celle qui se crée, qui circule, qui se vivifie par les
échanges, tout le reste est zombie, comme le sont les banquiers centraux
et leur suiveurs.
La monnaie, la vraie monnaie ne tombe pas du ciel, messieurs les
débiles , la vraie monnaie remonte du bas vers le haut, elle s’origine
dans l’économie réelle, la monnaie qui est exogène, qui est mise au
monde par des jeux d’écriture dans les livres de comptes des banques
centrales ce n’est même pas de la fausse monnaie, c’est de la monnaie
morte. On ne prête pas à partir des réserves messieurs les banquiers ;
c’est la demande solvable de crédit qui crée la monnaie quand elle
rencontre des banques qui ont assez de capital pour supporter les
risques liés aux prêts.
La politique monétaire n’a pas restauré les conditions de la
croissance saine, légitime, équilibrée parce qu’aucune politique
monétaire ne peut magiquement transformer le monde !La politique monétaire c’est la manipulation de signes, des chiffres,
des zéros dans les livres comptables ; or le monde est fait de sueur, de
pisse, de merde, d’efforts, d’innovation et de sang . Croire au pouvoir
magique de la monnaie digit, c’est tomber sans le piège du pacte
faustien qui consiste a autonomiser l’ombre, à la séparer du corps. La
monnaie est une ombre, une ombre qui prétend dicter sa volonté au corps.
La monnaie est un signe, un discours, un catalyseur dont le pouvoir ne
se révèle que si et seulement si, les conditions de la mise en oeuvre de
ce pouvoir sont réunies.La politique monétaire, c’est le Cargo Cult, c’est , ce sont les
signes cabalistiques des grands prêtres, rien d’autre. La politique
monétaire oeuvre dans le domaine de l’illusion, ce qui est bien pour le
court terme, mais elle est incapable d’aller au-delà.
Lire la suite...Le long terme c’est du dur, du lourd, du solide