Suite :
Le long terme c’est du dur, du lourd, du solide et les incantations
des grands prêtres, les masturbations des eunuques de la reproduction
ne font se léviter que les bulles financières scélérates qui
aggravent les inégalités et détruisent l’ordre social, qui scandalisent
les Gilets jaunes mais n’améliorent pas le monde réel.
Draghi dit qu’il faut accompagner l’action monétaire par des
réformes sociales qui vont toutes dans la même direction : augmenter le
taux d’exploitation de la main d’œuvre vivante et réduire les
avantages acquis des travailleurs anciens. Ce que dit Draghi c’est
qu’il faut, pour sauver le mort, tuer le vif ; le capital est du travail
mort cristallisé et que nous dit Draghi, il nous dit : pour sauver ce
travail mort cristallisé il faut réduire ce dont se nourrit le travail
vivant.Le « il faut » de Draghi c’est : fragiliser, flexibiliser, assouplir
les échines etc. Il faut compléter la politique monétaire de transfert
de richesse en faveur des deja riches par la capacité à mettre en valeur
cette richesse accrue des riches. Il faut ouvrir, il faut favoriser
l’immigration qui permet l’égalisation des salaires vers le bas, il faut
accepter ce que les nouveaux barbares appellent l’arbitrage
international du travail et des marchandises qui contiennent le travail.Autrement et plus simplement, il faut non seulement que les
riches deviennent encore plus riches mais il faut leur concéder encore
plus de plus-value afin que leur capital soit mis en valeur. Ainsi et
seulement ainsi, si on est bien obéissant, le
capital acceptera d’investir de recréer des emplois au lieu de profiter
de la libre circulation pour s’évader.Il faut , toujours présenté autrement d’abord, restaurer le taux de
profit du capital accumulé et, si on l’a assez restauré alors on verra
des investissements et des créations d’emplois et de la croissance.
Le chantage est ignoble : serrez vous la ceinture, sacrifiez vous et nous accepterons de donner un avenir à vos enfants.Vous savez que je suis capitaliste et que je soutiens qu’il faut
restaurer le taux de profit mais, il y a un énorme « mais », je soutiens
qu’il faut le faire non pas en pesant sur les salaires, mais en
détruisant du capital ancien, en l’euthanasiant, en le restructurant. En
le privant de ses droits. Il faut répartir la rareté du profit, le
réserver au meilleur de l’économie. Il faut que le profit aille là ou il
est utile, légitime, là ou il vivifie au lieu de tuer. Il faut détruire
le capital inefficace, inutile, fictif, de poids mort. Le profit doit
être réservé à ce qui est bien, bon, adapté à la société et à ses
besoins de long terme.
En fait Draghi c’est exactement la même chose que Macron ;
Macron, c’est Draghi élu à la tête d’un gouvernement , c’est Draghi qui
met en oeuvre sa politique.
Il avoue ainsi que c’est une politique de classe qui, pour maintenir
les droits acquis du capital ancien exige la destruction des droits
acquis des salariés. Il montre au grand jour la dissymétrie de l’action
et de la philosophie des banques centrales ; on considère comme sacrés
les droits du capital ancien, on inflate encore plus ces droits on
refuse de les dévaloriser mais on prétend détruire les droits des
salariés et faire en sorte que leurs droits acquis deviennent
bio-dégradables .Macron , c’est la mise en place de la bio-dégradabilité des droits des salariés.C’est cela le grand secret de Draghi et de tous les Macron du monde :
rendre les droits des salariés bio dégradables en les mettant en
concurrence afin de maintenir fixes et croissants les droits du capital,
même si il est inutile, fictif dépassé, inadapté, de poids mort.
Source : https://brunobertez.com/2018/12/16/editorial-macron-et-draghi-meme-combat-serrez-vous-la-ceinture-sacrifiez-vous-et-nous-accepterons-de-donner-un-avenir-a-vos-enfants/