Pour
bien comprendre, en cette fin de cycle, ce que l’on nomme antisémitisme, il
faudrait faire toute l’histoire des hébreux, depuis la nuit des temps.
Ceux
qui le souhaitent trouverons ici cette Grande Histoire ICI, réellement SAINTE.
Mais
si nous remontons l’Histoire d’un battement de paupière, nous situant à l’aube
de notre ère, au début du Moyen Age, nous pourrons, déjà, envisager une idée sur
ce peuple et l’origine de ses éternelles persécutions.
Commençons
par rappeler qu’il faut toujours faire la différence entre Israélites et juifs.
Là réside la clé de compréhension des évènements passés et présents.
Au Moyen
Age, les Israélites dispersés s’étaient répandus sur toute l’Europe. On les
appelait Juifs, quoique les vrais Juifs eussent presque tous passé au Catholicisme,
et fussent devenus les plus ardents adversaires des anciens représentants des
tribus d’Israël. Ce sont les Juifs christianisés, par ironie sans doute, qui
donnaient aux Israélites leur nom de Juifs qui était discrédité et détesté
partout.
Depuis leur
grande dispersion, les Israélites n’avaient plus eu de centre, plus de nation.
Considérés comme des gens dangereux parce qu’ils étaient restés longtemps
fidèles aux principes de l’ancien régime théogonique et gynécocratique, on se
méfiait d’eux.
C’est sous
le règne de Philippe-Auguste que les Juifs furent autorisés à s’établir en
France. Cette détermination avait, du reste, un but intéressé, on avait besoin
d’eux. Ils venaient d’établir l’assurance contre les risques du commerce (en
1182).
D’abord Philippe-Auguste,
monté sur le trône en 1180, inaugura son règne par une ordonnance de 1182 qui
voulait que les débiteurs des Juifs fussent déchargés des sommes qu’ils leur
devaient. Les évêques célébrèrent cette mesure de proscription. Ils obtinrent
encore de ce roi dévot une ordonnance qui condamnait les jureurs et les
blasphémateurs à l’amende s’ils étaient nobles, à la mort s’ils étaient
roturiers. Chassés après cette ordonnance, les Juifs furent rappelés, en
considération du profit que les barons tiraient des Juifs domiciliés dans
l’étendue de leur baronnie par le moyen des fortes tailles qu’ils levaient sur
eux. Donc, le Juif était exploité, dépouillé par le Catholique, C’est pour cela
qu’il fut accusé d’exploiter, de dépouiller le Chrétien. L’accusation est
toujours l’envers de la Vérité.
On se
disputait la présence du Juif, à cause du bénéfice qu’on en tirait. C’est lui
qui, à cette époque désolée, releva le commerce, et, loin de lui en savoir gré,
on lui en fait reproche. C’est qu’il était intelligent (son origine et son
passé le prouvent), et tout ce qu’il entreprenait réussissait entre ses mains.
En fallait-il davantage pour exciter contre lui la haine ? M. Darmesteter, dans
ses Essais Orientaux, montre que c’est au Moyen Age que le Juif, chassé par
l’Église Catholique de la vie politique, de toutes les charges, de toutes les
professions libérales, et de la propriété immobilière, fut refoulé dans le
commerce. En réalité, on ne lui laissait que cela.
L’existence
qu’on lui faisait était le pendant de celle qu’on faisait à la Femme. Et cela
se comprend, ils étaient les défenseurs de la même cause, ils conservaient au
fond de l’âme une invincible fidélité à la même loi, cette-loi morale si forte
qu’on ne peut la vaincre, et ils savaient si bien qu’elle était vraie, que
c’étaient eux qui avaient raison, qu’ils puisaient dans cette conviction une
force immense, une confiance sans bornes. De là cette opiniâtreté dans l’idée
qui les faisait vivre, et qui les a amenés jusqu’à nous, leur réservant la
grande joie de voir la Vérité triompher. Ils n’ont jamais perdu l’espoir de
voir l’ancien régime rétabli, de voir la vérité et la Femme renaître, et ils
ont un secret pressentiment que, le jour de cette renaissance, eux, les
sans-patrie, seront le peuple-roi.
C’est à
cette époque qu’on commença à sévir contre les Juifs.
A la fin du
XIIème siècle, il y avait à Paris un grand nombre de synagogues et d’écoles
israélites. C’est vers 1182 que l’autorité ecclésiastique les fit fermer et
commença à persécuter cette famille juive, dont elle ne parvint cependant
jamais à altérer l’unité.