Lorsqu’on prétend imposer à autrui les lumières de la raison, on perd toute légitimité dès que l’on commet la moindre erreur ou faute de logique.
N’importe quel logicien vous démontrera immédiatement que si on accepte (ne serait-ce qu’une seule fois) que 2+2=5, alors il est le pape.
Nos « représentants du peuple » sont alors illégitimes et farfelus dès qu’ils se permettent la moindre incohérence.
Or dès lors qu’ils prétendent respecter notre Constitution française, ils doivent savoir que cette Constitution est composée de mots qui renvoient à des interprétations fluctuantes selon les individus, les contextes, et dans le temps ; ces mots n’ayant de plus pas la prétention de constituer un formalisme mathématique permettant un contrôle de conformité dans l’absolu.
La seule prétention humainement envisageable serait par conséquent, a minima, de s’attacher à ce que cette Constitution véhicule un sens commun non équivoque et consensuellement vraisemblablement reconnu par quasiment n’importe quel Français.
Dès qu’un risque ou un doute se fait jour sur la capacité du ’peuple’ à interpréter consensuellement cette Constitution, serait ’logique’ de demander à la plupart des citoyens de s’en remettre à l’interprétation du moment commise par des spécialistes constitutionnels du moment, en restant cohérent avec, par exemple ce passage ? :
« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum.
Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.
Le suffrage peut être direct ou indirect dans les conditions prévues par la Constitution. Il est toujours universel, égal et secret.
Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques. »
— Article 3 de la Constitution
Comment concevoir que des ’doléances’ exprimées de fait par une section du peuple seulement (plutôt âgée ... plutôt conservatrice ...) puissent être légitimées préférentiellement par un ou des individus élus pour justifier un exercice de la souveraineté nationale qui est censé ne dépendre que des ’représentants’ (en supposant qu’ils représentent bien !) et de la voie du référendum ?!
Si la légitimité n’est qu’une affaire de perversion des mots, les « Giltes jaunes » doivent, toutes affaires cessantes, se battre pour défendre leur propre acception de chaque mot.
Sans oublier la devise du siècle de Lumières : « sapere aude » = « ose te servir de ton propre entendement » !