La liberté sans limite est liberticide car nécessairement violente, dominatrice et destructrice des droits universels fondamentaux. Exemple simple : nul ne peut avoir la liberté de prendre l’autoroute à contre sens sans nier sa liberté et celle des autres et on peut étendre cet exemple au code de la route en son entier, aux lois des contrats et du commerce, voire de la concurrence.
La seule liberté absolue que nous puissions avoir c’est celle de tuer (c’est pourquoi, entre autre raison, la violence extrème est accompagnée du sentiment jouissif d’une absolue liberté) et/ou de nous tuer (et encore le suicide non pathologique, par choix, est pour le moins problématique) ; seule la mort est absolue, sans limite et sans condition.
La vie est relation au monde est aux autres et une vie libre ne peut pas être une vie indépendante sans se condamner à la mort immédiate mais seulement interdépendante et de ce fait autonome dans la mesure où chacun peut faire valoir ses droits dans le jeu social de l’interdépendance dans des conditions relationnelles régulatrices (lois, contrat, règlements, conventions) qui garantissent la possibilité de cette autonomie relative pour tous sans contradiction.
Les libéraux sont universalistes et cette universalité s’exprime dans l’égalité des droits et des chances, ce qui implique nécessairement un pouvoir politique régulateur libéral mais juste.
Je ne pense pas que la division soit entre les anglo-saxons (lire aussi bien Hobbes, que Locke Hume Smith ou Stuart-Mill) et nous, mais entre les idéologues dogmatiques de l’hyper-capitalisme despotique, lesquels existent aussi chez nous, et les libéraux authentiques qui sont partout, aux USA comme sur le continent.
Autonomie et liberté