D’accord, j’ai compris le bogue, moi qui m’arrachait les cheveux pour arriver à passer un message ! Et du coup, je n’ai pas pu poster la deuxième partie de mon message (que j’entendais découper depuis le départ), car je suis moins tendre pour le bon sens de Poutine que Korybko... :
Là
où Korybko se trompe sur toute la ligne, c’est lorsqu’il pense que
Poutine aurait dès 2015 imposé à Assad la partition de la Syrie,
que cela aurait fait dès le départ partie des buts de son
intervention militaire ! Oui, c’est sûr qu’il allait planifier
l’affaiblissement de son seul allié de longue date, et la création
de têtes de pont pour ses adversaires alors qu’il pouvait largement
l’éviter ! Non, il s’agit bien de reculades de sa part. Ce n’est
certainement pas suite à l’établissement d’un modus vivendi avec
les USA en Syrie qu’il va les provoquer au Vénézuéla ! Non, c’est
parce qu’il se retrouve avec une situation très défavorable qu’il
cherche à rééquilibrer, situation résultant d’une incapacité à
prendre les décisions qui s’imposaient. Il n’avait aucun besoin de
déclencher la troisième guerre mondiale pour cela, vu l’avantage
matériel dont il disposait au début de l’intervention russe en
2015, qui avait laissé sans voix les stratèges occidentaux. S’il
avait eu la présence d’esprit et la force morale de le pousser
alors, les états-uniens, français et britanniques auraient été
défaits et n’occuperaient pas maintenant un tiers de la Syrie. Au
lieu de cela, il a laissé les occidentaux déployer leurs troupes et
leurs séides des FDS, a refusé de dénoncer leurs crimes et leur
rôle dans le terrorisme syrien, les présentant comme des alliés
dans la lutte contre ce dernier. Il a refusé d’aider les syriens à
reprendre Raqqa alors que c’était tout-à-fait possible, leurs
troupes ne se trouvant plus qu’à quelques kilomètres, et est même
allé deux fois jusqu’à commencer de retirer ses forces, avant de se
raviser face à la recrudescence des attaques des pions des
occidentaux. C’est qu’il a fait preuve d’une étonnante cécité, en
croyant toutes les assurances d’Obama et compagnie que les USA
allaient retirer leurs troupes et cesser leurs soutiens aux
terroristes, qu’ils soient de Tahrir al-Sham ou des FDS, ne se
rendant compte à chaque fois que trop tard qu’ils n’étaient que de
fieffés menteurs.
La
même chose s’était déjà produite en Ukraine en février 2014.
Après le coup d’État de février, contrôlé par la CIA, Poutine
était allé benoîtement discuter avec Obama afin de régler tout ça
« entre gens de bonne compagnie ». Ce qui était stupide,
pour deux raisons. D’abord parce que si les néo-conservateurs
avaient fait un coup d’État, dans un pays aussi crucial pour la
Russie, ce n’était certainement pas pour revenir en arrière juste
parce que Mr Poutine allait prendre langue avec eux, mais pour faire
très mal à Mr Poutine. Ensuite, parce qu’il est très possible
qu’il ait pensé pouvoir capitaliser sur sa relation personnelle avec
Obama. Qu’il pensait très forte, suite à l’accord passé six mois
auparavant afin d’éviter une catastrophe en Syrie suite aux attaques
chimiques sous fausse bannière perpétrées par les rebelles
soutenus par les Occidentaux (en échange notamment du silence sur la
complicité occidentale). Mais il s’est trompé sur toute la ligne,
Obama ne pensait qu’à se venger, il a laissé les réseaux
impérialistes de son ministère des affaires étrangères commettre
le coup d’État afin de blesser gravement les russes, et de se
défausser de sa responsabilité sur ces réseaux – la tactique du
déni plausible. Je pense désormais Obama a joué encore plus tard
de cette astuce, en prétendant qu’il était le modéré qui devait
se défendre des faucons de son gouvernement, et qu’il ne devait pas
être affaibli par une opposition russe trop forte si ces derniers ne
voulaient pas le voir débordé par ces faucons. Je reconnais que
beaucoup s’y sont laissés prendre, Thierry Meyssan en premier, et
moi-même suis tombé dans le piège. L’illusion Obama, même si
j’avais des préjugés contre lui, cette illusion promus par tant de
médias restait très puissante. Dans les derniers mois, cependant,
il ne faisait même plus semblant, en nommant des faucons à des
poste-clés.
Maintenant,
le ton russe s’est infléchi, Poutine a réalisé que ceux qui
ravageaient de façon sanglante la Syrie le faisaient parce qu’ils
étaient des criminels en puissance, sans aucun respect pour quelque
règle que ce soit, autre que leur intérêt à eux. Il s’est enfin
décidé, avec sept ans de retard, à dénoncer les attaques sous
faux drapeau et la propagande des occidentaux, alors qu’il est trop
tard. Il essaie plus ou moins de se rattraper au Vénézuéla, où il
apparaît beaucoup moins tergiverser qu’en Syrie, en appelant un chat
un chat, un agresseur un agresseur, et en apportant vraiment une
assistance au pouvoir vénézuélien. Il se peut qu’il soit aussi
intervenu en Algérie, le site Alg24 ayant annoncé le mois dernier
que la police algérienne avait arrêté des terroristes étrangers,
israéliens semble-t’il (la nouvelle semble avoir été retirée,
sans commentaires ni rectificatif, sans démenti officiel non plus,
ce qui suggère qu’elle était très sensible), la suite d’une
coopération russe ? Tandis que sur le front ukrainien, il se montre
maintenant inflexible, mais c’est alors que des forces navales de
l’OTAN peuvent désormais croiser près des côtes russes.