Vous
nous rappelez que « La lumière que l’on perçoit blanche est composée de
plusieurs couleurs dont la somme donne le blanc, et leur absence totale le
noir. ».
Ceci
est faux.
La
lumière solaire est blanche ; elle doit sa couleur à la nature de son agent
comburant, l’oxygène. La couche lumineuse qui recouvre l’hémisphère diurne de
la terre est blanche, blanche comme toutes les lumières électriques produites
par une source d’électricité alimentée par la décomposition de substances
oxygénées. Un grand nombre d’étoiles brûlent, comme notre soleil, aux dépens
d’un élément comburant qui engendre une lumière blanche.
Toutes les lumières sont élémentaires, aucune ne se décompose.
La
vieille théorie de la lumière blanche unique et se décomposant en 7 couleurs élémentaires
est une erreur qu’il faut reléguer avec la théorie de la transmission de la
lumière et avec celle de l’attraction.
S’il
n’existait qu’une seule lumière blanche se décomposant, les astres dont la
lumière est verte ou rouge n’auraient donc qu’une fraction de la lumière totale
qui serait notre privilège.
Pourquoi
serions-nous doués d’une couleur composée tandis que les autres systèmes
n’auraient qu’une couleur élémentaire ?
Evidemment,
Newton ne connaissait pas les étoiles colorées quand il a imaginé cela. Il
faisait sa loi pour notre petit monde, il faisait de notre soleil le type de
tous les soleils. C’est aussi naïf que de supposer la terre le centre de
l’Univers et l’homme le but de la création.
Il n’y
a pas de raison pour que notre soleil ait été privilégié et possède une lumière
complète, tandis que tant d’autres n’auraient eu en partage qu’une lumière
élémentaire, c’est-à-dire incomplète.
Que
devient la prétendue loi de Newton dans des mondes autour desquels la couleur
blanche n’existe pas, dans des mondes éclairés par des soleils verts, rouges,
bleus, etc.
Toutes
les couleurs sont des couleurs élémentaires manifestant la propriété lumineuse
des éléments radiants émis par chaque soleil.
Chaque
lumière est une, indivisible. Le blanc est, tout entier, la couleur engendrée
par les radiations des soleils blancs, il ne se décompose pas, il ne se divise
pas, il est toujours et partout du blanc.
On
savait, longtemps avant Newton, que la lumière blanche du soleil est remplacée
par les teintes de l’iris lorsque l’on regarde le ciel à travers un prisme de
verre. Sénèque l’avait remarqué, Kepler s’en était occupé, mais personne ne
s’était soucié d’en rechercher la cause, pas plus, du reste, qu’on avait pensé
à chercher l’origine des couleurs. La chimie n’était pas née : comment
aurait-on pu résoudre ces problèmes qui sont tout entiers de son domaine ?
Newton
vint, et, avec cet esprit inquiet qui le caractérisa, il voulut trouver toutes
les causes ; il remua tous les problèmes et formula des lois que l’ignorance de
ses contemporains et celle de leurs descendants accepta facilement et propagea,
car elles sont arrivées jusqu’à nous, entourées du respect superstitieux que
les erreurs savent si bien conquérir.
Newton,
ayant imaginé que la lumière solaire était décomposée, voulut la décomposer.
Pour opérer cette décomposition, il pratiquait au volet d’une fenêtre qui
fermait hermétiquement une chambre, une toute petite ouverture, de façon à ne
laisser pénétrer qu’un filet de lumière ; il arrêtait ou déviait ce rayon au
moyen d’un prisme, et il voyait alors se produire sur le mur du fond de la
chambre, ou sur un écran, une image colorée, le spectre, c’est-à-dire les sept
couleurs placées dans leur ordre naturel. Il conclut de là que la lumière du
soleil était décomposée.
Etrange
conclusion, car on cherche vainement quel rapport il peut exister entre ce
phénomène et une décomposition de la lumière du soleil. L’habitude seule nous
fait accepter de pareilles déductions.
Si la
lumière solaire était décomposable, on devrait pouvoir la décomposer par des
moyens chimiques partout où elle existe, puisque chaque rayon coloré possède
des propriétés chimiques spéciales que l’on pourrait utiliser pour cela. On
devrait, de même, en mêlant les sept couleurs reformer du blanc, cela n’est pas
davantage possible. Les sept couleurs, mélangées sur une palette dans des
proportions quelconques, ne donnent jamais du blanc.
Quant
à la petite expérience qui consiste à faire tourner un disque sur lequel sont
peintes les couleurs élémentaires, elle ne prouve pas du tout ce qu’on veut lui
faire prouver.
Par le
mouvement de rotation, on amène la confusion des couleurs, notre œil alors, qui
ne peut plus les distinguer parce que l’impression qu’elles font sur la rétine
est trop rapide, ne les voit plus du tout, et, ne les voyant plus du tout, nous
voyons du blanc, c’est-à-dire la couleur de la lumière solaire qui est
interposée entre le disque et nous. Mais en faisant tourner le disque moins
vite, c’est-à-dire en laissant aux couleurs le temps d’arriver à notre œil,
l’impression colorée recommence à se produire ; nous recommençons à voir les
couleurs. Il n’y a rien de plus dans cette expérience. Elle ne prouve qu’une
chose : c’est qu’il faut que l’émission d’une lumière colorée dure un temps
déterminé pour qu’elle soit perçue par notre œil.
Suite