@Emmanuel Cattier
Merci pour votre commentaire.
Ceux qui ont
connu Filip Reyntjens au Rwanda d’avant la guerre d’octobre’90, le tenaient
pour un critique (« objectif » mais ferme et trop négatif) du régime Habyarimana et
de ses dérives. Il leur paraissait plutôt « tendance » Alison Desforges. Il aurait
« collaboré » avec celle-ci, étant adepte d’une approche positive et constructive
de la nécessité d’une évolution prudente des institutions de la deuxième
république. Ils se seraient retrouvés dans les prémices de la rédaction du
célèbre livre : « Aucun témoin ne doit survivre » (Livre interdit dans le Rwanda
de Paul Kagamé, où Alison Desforges était d’ailleurs devenue persona non
grata.). A la mort d’Alison
Desforges (Février 2009), Reyntjens écrivait : « I have worked a lot with Alison during the past twenty years, and we’ve been
through hard and great times together. I’m losing a mother, a sister, a mentor
and a friend ». Pour un sympathisant « promoteur » d’une
« constitution ethniciste » hutue ayant conduit au Génocide des Tutsis cela
paraît bien « étrange ». Surtout que Reyntjens devait être au courant qu’Alison
Desforges, morte dans le crash de Buffalo (dont les causes ne furent jamais
déterminées ; ce qui rappelle un autre « crash » non élucidé), revenait aux USA, depuis
Londres où elle avait exposé un rapport dans lequel elle déconseillait au
gouvernement britannique, l’entrée du Rwanda dans le Commonwealth.
J’admets qu’il semble que, comme
beaucoup d’observateurs dont les points de vues évoluent avec l’affirmation du
caractère réel de la dictature de Paul Kagamé, Reyntjens ait lui - même pu
paraître avoir une approche « fluante » dans la perception des « dérives » du
régime de Kagamé (qui sont « tout » sauf « improvisées »). Ce qui n’en fait pas un
« négationniste ». Ou si je m’abuse : pourquoi n’a-il pas encore été trainé
en justice puisqu’en Belgique il existerait maintenant un équivalent des lois
mémorielles françaises (Loi Gayssot)
Vous dites : « ..... ceux qui défendent mordicus la
position des autorités françaises de l’époque d’essayer de prouver que le FPR
et son chef seraient plus criminels que les génocidaires que la France a
soutenus, avant, pendant et après le génocide .......... ».
Il n’y a pas que des Français de
« France à défendre « mordicus » ...... High Commissioner for Human Rights Navi
Pillay : “Rwanda and Uganda are currently hosting senior military officers of
the M23” (dont Bosco Ntaganda, aux ordres de Paul Kagamé, vient d’être reconnu
comme un acteur de premier plan, coupable de crimes contre l’humanité et autres)
Etablir un classement général des
criminels de guerres pour décerner les trois premières places du podium n’a
rien à voir avec les faits indiscutables que c’est bien le FPR qui a attaqué le
Rwanda en octobre 1990, que ce sont bien les Hutus qui ont commis le génocide
en 1994, et que c’est bien le FPR de Paul Kagamé qui a fait deux guerres au
Congo de 1996 à 2003 (agrémentées d’« escarmouches » avec l’Ouganda,
déjà !!!)
S’il faut mettre en évidence une
quelconque responsabilité de la France dans le Génocide des Tutsi du Rwanda
cela devrait être fait dans le cadre chronologique, plus large et transparent,
des soutiens de la « Communauté Internationale » au premier de tous les crimes, le
crime contre la Paix, et ses conséquences directes et indirectes. Dans cette
communauté internationale (qui était, déjà à l’époque et jusqu’à aujourd’hui, avant
tout américaine, canadienne, anglaise, israélienne, belge) quel poids la France
détenait-elle ? La réponse est simple au vu des spectaculaires résultats des
multinationales anglo - saxonnes établies depuis en Afrique des Grands Lacs.
Je crois qu’on devra encore
discuter longuement, entre nous, de la tragédie rwandaise.
Mais à l’époque, ceux qui savaient
que ce n’étaient pas les Nazis qui avaient commis le massacre de Katyn, mais bien
les Soviétiques, ceux- là qui n’ont rien dit à Nuremberg étaient – ils de
négationnistes de la Shoah ? Mais viendrait-il jamais à l’esprit, de qui que ce
soit, de dire que ceux qui ne soutiennent pas Kagamé et son régime devraient
tomber sous le coup d’une loi pour révisionnisme des lois du marché et des valeurs
du complexe militaro-industriel et plus particulièrement des intérêts
économiques, financiers, industriels anglo-saxons ?
Bien à vous.