Bonsoir, Séraphin Lampion
Petit extrait d’un bouquin que j’ai commis il y quelques années. Il y est également question de musique :
Le second
volet de la carrière artistique de Louis-Maximilien l’avait conduit, par
l’entremise du demi-frère d’une cousine germaine du concierge de son immeuble,
un pédéraste notoire, sur les plateaux de télévision où ce personnage était
lui-même bien introduit, si j’ose dire. Une productrice y accueillait de jeunes
espoirs de la musique et de la chanson.
─ J’aime
beaucoup la flûte, avait-elle dit au vicomte lors de sa première apparition,
avant d’ajouter sur un ton proche de l’attentat à la pudeur : j’en joue
moi-même avec une certaine dextérité. Bien pris en main, cet instrument prend
rapidement du volume sans rien perdre de sa douceur. Naturellement cela demande
de la technique. En fait, tout est dans le doigté et le jeu des lèvres. Surtout
les lèvres : ce sont elles qui modulent, elles qui permettent à
l’instrument d’exprimer toute sa puissance. Pour peu que les doigts soient
habiles sur le corps de l’objet, celui-ci s’anime, vibre et finalement donne sa
pleine mesure pour le plus grand bonheur d’un virtuose inondé de
plaisir !... Mais j’aurai très vite l’occasion de vous faire apprécier la
qualité de mon jeu, mon jeune ami...
