« Et pendant ce temps-là les problèmes s’accumulent, tous liés
au fait que le pouvoir ne s’intéresse qu’à l’inutile du moment, qu’il flatte
l’affect du peuple et qu’il justifie sa propre agitation ».
Certes le pouvoir, et notamment celui « politique », qui n’est que
« politicien », ce qui n’est pas tout à fait le même chose, car la « politique »
organisation de la cité, de la Nation, de la République, de la société, d’une
société pour tous, est sensée être « noble » ! Quand la pratique
politicienne, celle du « politicien », elle relève du méprisable, de
la flagornerie, de la prévarication : le pouvoir politique a en effet de
lourde responsabilités ! C’est une évidence, la valeur d’usage de la politique n’est pas là-même pour le commun
des mortels, le citoyen de la république lambda, que pour l’homme politique,
qui, lui, y trouve un moyen de parvenir au pouvoir : d’avoir du pouvoir !
Qu’est-ce que le populisme ? Certain affirmeront que c’est une pratique
du peule ! Non, c’est en fait une pratique politicienne, de politiciens
qui surfent sur des peurs assez souvent, bien que de moins en moins,
irrationnelles, infondées, fantasmées car anticipées ; tout ceci pour récupérer
des voix électorales car il suffit, au départ du processus électoral, d’obtenir
15 % des suffrages exprimées pour espérer accéder au pouvoir suprême.
Mais que dire du « Savoir » : savoir pour quoi faire ? pour
réellement bien comprendre ou pour mieux manipuler ? La réponse de cette
époque vouée au « technoscientisme » est claire : pour mieux tout
manipuler. Il est évident qu’une sérieuse remise en cause épistémologique s’impose ;
qu’une science ouverte sur la complexité en lieu et place du simplisme s’impose !
Nous sommes, depuis une « quarantaine d’années », les « quarante
piteuses » en référence aux « trente glorieuses » ; nous
sommes revenus au « positivisme » du 19 è siècle et au « scientisme »
le plus pur : le « comment sans le pourquoi » ! Nous y
sommes revenus par le biais de l’économie qui doit être, selon Milton Friedman,
chantre américain du libéralisme économique : une science positive ; autrement dit : une science qui
se regarde technoscientifiquement le nombril (le comment sans le pourquoi). Un positivisme
qui refuse tout possibilité d’introspection… c’est-à-dire d’intelligence réellement
humaine empreinte d’Humanité : le temps, la temporalité humaine, est dialectique
disait Plotin au 2 è et 3 è siècle ! C’est cette temporalité humaine, qui participe
de l’intelligence humaine : une intelligence qui serait empreinte d’humanité !
Pour le positivisme il n’y a plus de causes, quelles qu’elles soient, même fondamentales
comme celles liées à la nature ou aux états de nature comme le fait sociétal. Selon
ce concept positiviste, nous aurions tout compris de la complexité du monde et
il n’y aurait plus rien à comprendre fondamentalement, le monde est de
conception scientifique, et il n’y aurait que des conséquences sur lesquelles
il nous suffit d’agir ! C’est la raison pour laquelle nous ne faisons
qu’ajouter des conséquences à des conséquences et forcément des problèmes à des
problèmes, quant au fond nous ne résolvons plus rien !
Le problème c’est que le temps de la science et de la technique a largement
pris le pas sur une temporalité humaine, sur ces « humanités gréco-latines »
fondement de notre culture européenne ! Une culture aux antipodes de cette
acculturation américano anglo-saxonne vouée à un individualisme paroxysme d’individualité
totalement mortifère sociétalement parlant ; à cette petite mort économique insupportable car la personne qui est
touchée, la famille ainsi touchée, est toujours en vie : en survie !
Le danger avec le savoir c’est quand celui-ci, par arrogance, forcément humaine,
prend la place de la matière qu’il est sensé étudier ! C’est ainsi que la
science économique, ou plus exactement les sciences économiques car elles sont
pléthores ; que celles-ci n’étudient pas réellement l’économie qui est sociétale
par nature et non exclusivement physico-mathématique, et qu’elles la phagocyte
et l’agite pour des raisons relevant essentiellement d’intérêt particuliers qui
ne feront jamais l’intérêt général : il y a là (théorème d’Arrow) une impossibilité !
C’est simple, on pourrait même dire simpliste, mais pour notre époque
moderne au modernisme, celle du changement pour le changement, véritable
paroxysme de modernité et plus simple modernité, la science est devenue
générique de savoir et du « SAVOIR » et, il n’y aurait plus de « Savoir » comme
d’ailleurs de « valeurs », même de « PRINCIPES », que de nature scientifique et
technique… c’est ce qu’on appelle l’humanisme qui nous envoie droit vers le Trans
humanisme et la fin du principe d’humanité et donc de l’Humanité ! Au diable l’ontologie, la déontologie,
l’éthique et l’altérité : tous ces acquits intellectuels humains ! Renvoyée aux
calendes grecques et aux oubliettes de l’histoire la « métaphysique », cette «
épistémologie » première philosophie et première interrogation sensée qui
sortait l’humain de l’état de pure croyance religieuse. Une question se pose :
sommes-nous plus intelligent avec notre pléthore de savoirs technoscientifiques
? Non, il semblerait que non ; il semblerait même que nous soyons toujours au
fond de la caverne avec les ombres qui s’agitent car toujours aussi ignorant de
la « Nature », comme des « états de nature » qui ont émergés, dont la nature
humaine : nous sommes de plus en plus ignorant de l’humain et du principe
d’humanité !
C’est une évidence, car ils ont finalement gagné, nous sommes revenus
aux temps de sophistes et des cyniques de l’antiquité que combattaient pourtant
Platon, Socrate et Aristote !