@Jacques-Robert SIMON
La raison ne se réduit-elle pas à devenir “comptable” – et non pas à le redevenir.
Parce qu’il doit impérativement
ne serait-ce que se nourrir, se vêtir, se loger et se soigner,
l’homme est un consommateur. Il l’est depuis sa conception
jusqu’après sa mort – les marchés du prénatal et du funéraire
en attesteraient s’il en était besoin – et il se double d’un
producteur dès qu’il est en âge de travailler. Il est ainsi,
avant toute autre opinion ou considération, un agent économique au
service de la société, mais aux dépens de ses grands équilibres, notamment sociaux et environnementaux. Et
plus le nombre de ces agents augmente, plus leurs besoins
s’accroissent – outre ceux qu’ils s’inventent toujours plus
nombreux –, plus ils produisent, consomment, échangent et
s’enrichissent, avec l’aide du progrès scientifique et technique,
quelles que soient les conditions du partage de leurs richesses.
Tout en
découle, dont des inégalités sociales qui croissent depuis toujours avec le binôme économie-population,
dans son rapport avec le caractère incontournablement pyramidal de
notre société, dû au fait que richesse et pauvreté existe l’une
par l’autre et qu’un destin aveugle assigne à chacun, à sa
naissance, sa place au sein de cette pyramide sociale dans laquelle
les pauvres se multiplient structurellement à une cadence amplement supérieure à celle des riches ? Jusqu’où irons-nous, alors qu’elle
s’atrophie toujours plus, sous la pression de 250 000 êtres
humains supplémentaires qui viennent s’ajouter quotidiennement à sa
population et que son sommet s’éloignant ainsi incessamment de sa
base, les écarts de richesse entre ses occupants se creusent inéluctablement d’autant ?
Tant à des fins
environnementales que sociétales, une forme d’écologie prioritaire s’impose d’urgence :
l’écologie dénataliste.
Nous ne vivons pas une crise
socio-politique de plus, mais les débuts d’un drame planétaire qui peut
être fatal à notre civilisation à bref terme. Les êtres humains
en douteront-ils encore en y succombant ?
La
question n’est-elle pas aujourd’hui dramatiquement d’ordre comptable ? Vaut-il
mieux le progrès et un bien-être inégal
pour
3 ou
4 milliards
d’humains
pratiquant une écologie dénataliste,
dans
le respect de leur
environnement
social et environnemental,
ou
une indigence égalitariste
et le
saccage de la planète, par
bientôt
11 milliards et plus
de super-prédateurs
?
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