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Commentaire de Robin Guilloux

sur Vanessa Springora, Le Consentement


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Robin Guilloux Robin Guilloux 13 janvier 20:54
  • @S.B.

Oui, il est à la fois abominable et pathétique, comme le Casanova de Fellini. En fait, je pense que Matzneff est tout simplement un pervers narcissique, incapable d’empathie, de sentiments vrais, qui collectionne les corps parce qu’il est incapable d’avoir une relation vraie avec une femme (ou avec un homme). Il faut que ce soit une gamine qui l’admire ou un petit Phillipin qui ne parle pas, qui ne comprend pas, qui ne le juge pas, avec lequel il n’aura qu’un contact épidémique et quantitatif.

Vanessa Springora est évidemment tombé sur le pire cas de figure qui soit. Un pervers narcissique est incapable d’empathie, il n’aime que lui-même, Il est absolument creux, il souffre d’un manque ontologique, pathologique et au fond pathétique parce qu’il n’est pas heureux. Il se nourrit de la substance des autres, de la jeunesse des autres, de l’intelligence des autres, comme un vampire.

J’ai quatre ou cinq livres de Matzneff dans ma bibliothèque : Le sabre de Didi, La diététique de lord Byron, Le taureau de Phalaris et Ivre du vin perdu. Ce sont des livres vaguement amusants (à l’exception d’Ivre du vin perdu qui est un roman pornographique pas amusant du tout), mais ça n’a aucune consistance, aucun intérêt, c’est répétitif, narcissique.

Je pense que Matzneff, au-delà de la polémique actuelle passera au mieux à la postérité comme un essayiste mineur du XXème siècle, justement à cause de ce narcissisme pathologique et de cette inconsistance que l’on ressent en le lisant.

Il y a une générosité, un manque de calcul, un intérêt pour les autres qui fait un grand écrivain (Stephane Zweig par exemple), alors Matzneff n’a absolument rien à dire. parce que les autres ne l’intéressent pas.

Et puis il croit (ou il fait semblant de croire à des fadaises romantiques comme la spontanéité du désir, l’amour fou et il est encore plus sentimental que Madame Bovary (on peut être un salaud sentimental).

Vanessa Springora, s’est aperçue qu’il n’était pas l’homme qu’elle croyait. Elle lui a renvoyé involontairement l’image de ce qu’il était vraiment : un vieux barbon qui séduit des« minettes » parce qu’il n’accepte pas de vieillir, qui fait régulièrement des cures de diététique en Suisse pour rester en forme, qui écrit sur commande non pas parce qu’il a quelque chose à dire, mais parce qu’il faut bien vivre et qui a des difficultés pour bander. 


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