Bonjour
Orélien,
Rien
à retirer !
L’alternative
qui va se poser dès la fin de cette pandémie sera soit un
changement de paradigme, soit un retour au même.
« On peut même légitimement penser que les mesures
drastiques en matière économique répèteront celles de 2008 et
viseront un « retour à la normale », c’est-à-dire la
destruction de la planète et l’inégalisation croissante des
conditions sociales. On doit plutôt craindre dès maintenant que
l’énorme facture pour « sauver l’économie » ne soit
à nouveau présentée aux salariés et aux contribuables les plus
modestes. »
Pierre Dardot et Christian Laval,
auteurs de Commun. Essai sur la révolution au XXI siècle, La
Découverte, 2014 - extrait d’article de ce même jour dans
Mediapart
Le rapport du Club de Rome, commandé au
Massachussetts Institute of Technology après le premier choc
pétrolier de 1971, intitulé « Les limites de la croissance
dans un monde fini », posait déjà les termes de ce choix et
l’on sait ce qu’il en est advenu : dans l’après 68,
l’individualisme a rapidement pris le dessus.
En France, et c’est ce qui nous sépare, la
gauche officielle s’est progressivement convertie au productivisme
moyennement régulé et surtout au néo-libéralisme non assumé, a
tenu en lisière les attentes environnementales et écologiques et
s’est fourvoyée en bradant ses valeurs. Si pour reprendre
l’expression d’Edgar Morin, le virus peut nous aider à commencer
une « détoxification » de notre mode de vie, il faudra
aller beaucoup plus loin et proposer de manière urgente une
perspective politique capable de fédérer comme de convaincre
l’inertie de ce qu’on a un temps appelé« la majorité
silencieuse ».