« Parfois,
le mal est causé par un usage intempestif des désirs (Plotin, le mal, le
miroir, la matière) ou des confrontations entre volontés adverses (Hegel,
raison dialectique) ».
On peut évoquer la « cupidité », désir
immodéré de l’argent et des richesses. L’amour, qui, trop poussé, confine à une
jalousie maladive. Concernant le désir immodéré de la richesse et que l’on
définit l’économie comme un « système de création de richesse » ;
il y a, là, un vrai problème car le système tombe alors dans ce travers d’un
usage intempestif de désir ! Conséquence : les riches sont de plus en plus
riches et les pauvres de plus en plus pauvres !
Il n’y a pas que le désir, encore qu’on puisse tout
relier et tout ramener au seul désir ; parfois le mal est causé par un
usage intempestif des moyens mis en œuvre économiquement. J’évoquerai là tous
ces mots en « isme », qui sont légion, et dont il est fait usage immodéré
en économie ; et qui sont comme autant de paroxysmes : comme des abus
de moyens qui se retournent forcément ! Pourquoi se retournent-ils ? Il y
a tout simplement que nous ne sommes plus dans la « raison raisonnable »
mais dans un « rationalisme » paroxysme de rationalité et plus simple
rationalité. Nous sommes dans le « ratio » des mathématiques et plus
dans la raison : plus dans l’Ontologie, la Déontologie, l’Ethique et l’Altérité !
Nous ne sommes plus dans ces concepts métaphysiques humains qui fondent le « principe
d’Humanité » ; nous sommes dans un système d’exploitation d’humains
par d’autres humain, par les tenants et les aboutissants d’un système exclusivement
capitaliste qui n’a rien d’Ontologique, de Déontologique, d’Ethique et d’Altérité !
Ainsi le « capitalisme » est un usage
paroxysmique du capital, de même pour le « financiarisme » qui est un
usage paroxysmique de la finance ! C’est aussi le cas du productivisme usage
paroxysmique de la productivité. Pour ce qui est du « libéralisme », celui
« économique », et même un autre, c’est la liberté économique poussée
à son paroxysme. Que dire du libre échangisme, qui, de la même façon, est un usage
paroxysmique du libre-échange !
Le capital, la
finance, la productivité, la liberté, le libre échange ; tout ceci est
utile et nécessaire à l’économie, mais ils ne doivent pas être poussés à leur
paroxysme comme nous le faisons qui plus est de manière technoscientifique.
Ce qui manque à cette époque c’est de la mesure dans
les choses : ni trop ni trop peu ; tout simplement de la « raison ».
Il nous faudra passer de la « déraison » à la « raison » :
du « déraisonnable » au « raisonnable » ! Edifier une bonne
valeur d’usage des choses, celle en toute finalité, qui permet d’identifier la
réalité des problèmes, et donc leur bonne solution !
Quelle est la bonne valeur d’usage de l’économie ?
Quelle est la bonne valeur d’usage de la politique ? La bonne valeur d’usage de
l’économie n‘est pas la même pour le capitaliste, pour un affairiste, que pour un
agent économique lambda qui entends simplement satisfaire ses besoins vitaux
voir u peu plus ; lors que pour le capitalisme c’est faire fructifier son
capital !
La valeur d’usage
de la politique n’est pas la même pour un politicien qui s’en sert pour parvenir
au pouvoir que pour le citoyen lambda qui lie la politique à des valeurs démocratiques,
ou aux valeurs et principe de la République qui les rejoignent.
Il faut se méfier des effets contraires, de ce qu’Ivan
Illich appelait des « seuils contreproductifs » ! En effet, au-delà d’un
certain seuil de développement, les grands services institutionnalisés, mais il
en va de même pour les grandes firmes capitalistes, en fait de tout systèmes
publics ou privés, par une certaine forme de monopole, ou plus exactement de
monopolisation, ou encore d’exclusive, ces grands services ou systèmes, au
titre desquels on peut aussi placer le libéralisme économique, poursuivent au
bout d’un certain temps des finalités opposées à celles qu’à l’origine ils
fondaient ! C’est aussi le cas de toute action poussée à l’abus !
C’est
une évidence : nous avons développé une civilisation du paroxysme et nous
en payons le prix ; nous continuerons d’en payer le prix, et même d’une
façon de plus en plus élevée si nous ne changeons rien !
C’est la complexité qui fait marcher les choses et non
la simplification au simplisme !
Nous avons un vrai problème avec le fondamental des
choses, un ordre fondamental des choses qui relève du complexe et non du simplisme
imposé par la méthode dite de l’individualisme méthodologique la science qui
confine à la chose pour la chose et à la chose imbécile ; au moyen pour le
moyen et au moyen imbécile ! Un positivisme technoscientiste, du « comment »
sans le « pourquoi » ; une véritable imposture intellectuelle !
Il faut tout passer, comme nos valeurs d’usage, au
crible de l’ O.D.E.A (Ontologie, Déontologie, Ethnique et Altérité) ; faire
sienne, en toute chose, l’Éthique de KANT !
« Agis
de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée par ta volonté en
une loi universelle » et non individuelle ou personnelle. (Principe
d’éthique)
« Agis
de telle sorte que tu traites l’humanité en toi-même et en autrui comme une fin
et jamais comme un moyen ». (Principe d’altruisme)
« Agis
comme si tu étais législateur et sujet dans la « République » des
volontés libres et raisonnables » (Principe de déontologie)