@Luniterne réponse au message du 26 mai 06:42
Je suis désolé de vous décevoir mais je n’irai pas lire vos textes pour
plusieurs raisons. Vous n’êtes pas le seul, lors des discussions sur AgoraVox
ou Facebook à me proposer pour me convaincre d’aller lire la littérature de
leur choix. S’il fallait que j’obtempère à chaque fois je ne pourrais plus choisir
moi-même mes lectures. Quand je mets des liens sur mes textes (il y en a une
quantité sur l’article que je propose ici), je n’impose pas aux lecteurs d’aller
les consulter.
Mais, surtout, l’ergonomie de votre site est à revoir. Je n’ai pas pour
habitude de porter des jugements sur la forme des productions de mes
interlocuteurs. Ceux qui font cela sont en général des trolls. Ils utilisent
cet artifice pour fuir le fond de la discussion quand ils n’ont aucun argument
sérieux. Ce n’est pas mon cas. Je sais utiliser un ordinateur et je peux même
vous donner quelques conseils pour soigner l’ergonomie de votre site web.
Limitez-vous dans la taille des polices de caractère. La taille courante doit
être autour de 10pt. Vous pouvez avoir un gros titre en taille de 20pt à 30pt
mais sinon les titres doivent être entre 12pt et 16pt. Ne faites pas des textes
qui vont d’un bout à l’autre de l’écran. La gestion du multi-colonnes est
délicate mais vous pouvez laisser des marges à gauche et/ou à droite avec
éventuellement d’autres infos que le texte. Avec de simples règles comme
celles-là votre site sera beaucoup plus lisible. Ce ne serait pas pour autant
une raison pour m’en imposer la lecture.
Venons-en au fond. Vous voulez trouver des contradictions dans les
jugements que je porte sur tel ou tel leader. Je défends en effet Marx, Engels,
Lénine, Trotski. Je les défends tellement que je suis d’accord avec eux pour
dire : ni Dieu, ni César, ni tribun. Je n’ai donc aucune raison de ne pas
les critiquer. Souvent les maoïstes donnent dans « l’ouvriérisme » c’est-à-dire
un éloge de la condition ouvrière. Savent-ils tous que Marx n’a été que très
peu exploité ? Il a un peu travaillé comme journaliste mais il a vécu pour
l’essentiel au crochet de son ami Engels qui était un patron d’entreprise. Il a
par ailleurs dilapidé un héritage. C’est ainsi qu’il a pu écrire notamment « le
Capital » et mener une activité de révolutionnaire.
Trotsky après avoir été expulsé de France et de Norvège s’est enfin
senti les mains libres en arrivant dans la banlieue de Mexico invité par le
peintre Diego Riviera. Il avait les mains tellement libres qu’il est allé les
promener sur le corps de la ravissante, sulfureuse et bisexuelle Frida Kahlo
qui était l’épouse de Diego Riviera. Il est permis d’avoir un regard critique
sur cette façon de remercier celui qui l’hébergeait. Dans le même genre d’idée,
quand Trotsky était à Prinkipo, le troskiste français Raymond Molinier lui a
rendu visite et lui a laissé son épouse Jeanne Martin des Pallières comme
secrétaire. Léon Sedov, le fils de Trotsky, a trouvé cette secrétaire très
charmante et, pour remercier Raymond Molinier à sa façon, il s’est tendrement
occupé de la secrétaire.
Tous ces grands leaders sont donc critiquables pour la bonne raison que
ce ne sont pas des Dieux mais des hommes et si on les voit comme tels ils n’en
sont que plus sympathiques avec leurs faiblesses et sans doute leurs erreurs.
Je ne laisserai pas les larbins des puissants comme le Parlier qui est
intervenu dans cette discussion critiquer nos leaders. Ils sortent pour cela de
grossières calomnies. Ils ne veulent prêter aucune attention aux massacres des
blancs comme Dénikine. Peu importe pour eux les centaines de cadavres d’enfants
qu’ils laissent dans leur sillage, le seul scandale qui compte pour eux c’est
que les bolcheviks ont osé s’en prendre à des aristocrates. Pour autant, je
suis contre la peine de mort, sans restriction et sans nuance. Je n’approuverai
jamais la décision prise par les bolcheviks (sans Trotski mais celui-ci a
apporté sa caution par la suite) d’exécuter les enfants du Tsar.
J’ai voulu montrer qu’en toutes circonstances je garde mon esprit
critique et que le fait que je critique ceux que je considère comme les
meilleurs leaders ne doit pas être pris comme une contradiction avec l’admiration
que je leur porte. Je n’utiliserai jamais, comme vous le faites, des
expressions du genre « les textes du Maître ». Les maoïstes admirent
le « petit livre rouge » comme d’autres le font avec la Bible, la
Thora, le Coran ou Mein Kampf. Pour ma part je ne reconnais aucun texte sacré.
Venons en maintenant à la question de ma référence au trotskisme. Je ne
rejette pas leur internationalisme. C’est même exactement le contraire. C’est
parce que je pense comme Trotski que le combat pour la révolution socialiste ne
peut être qu’un combat international que j’estime ne pas pouvoir me permettre de
m’affirmer trotskiste. Je suis sur ce point plus scrupuleux et rigoureux que
les militants de Lutte Ouvrière qui se disent trotskistes mais sans juger
nécessaire de se mêler de la IVème internationale. Ils n’auraient certainement
pas pu défendre ce point de vue si Trotski avait été vivant.
Pour ce qui me concerne, je n’ai pas les moyens de mener une activité
au niveau international. J’en conclus que, malgré mon accord avec les thèses de
Trotski, je ne suis pas trotskiste car le trotskisme n’est pas un mode de
pensée. J’en suis là tout simplement parce que Staliniens et Réformistes ont
réussi à briser la continuité du marxisme. Staline a voulu physiquement
exterminer les trotskistes et au bout du compte, on peut dire qu’il a réussi.
Après un bref intermède où les pablistes ont assuré la continuité, Lambert et
son groupe ont maintenu un lien très fragile mais ce sont finalement les
réformistes qui ont fait pression sur Lambert et le fil a été coupé. Stéphane
Just a essayé de renouer les morceaux mais il a aussi échoué. Les derniers
renégats sont les Vincent Présumey, Pierre Salvaing et autres. Il faudra bien
pour que le socialisme triomphe qu’à un moment le combat à l’échelle internationale
reviennent à l’ordre du jour mais je ne vois pas actuellement comment agir dans
ce sens. Avec l’AGIMO, mon objectif est compatible avec ce combat mais il est
beaucoup plus limité. Vous avez le droit d’y voir une contradiction mais je ne
vois pas comment faire autrement. Je ne vais pas comme tant d’autres prétendre
être une internationale trotskiste à moi tout seul où avec quelques amis. Merci
à tous les staliniens dont vous faites partie pour ce triste résultat. Au
premier plan des objectifs limités de l’AGIMO se trouve le Frexit car aucun progrès
n’est possible, et surtout pas une révolution, dans un pays qui n’est pas
indépendant. Vous avez encore le droit de voir là une contradiction et j’ai le
droit de ne pas savoir comment faire autrement.
Quant à Annie Lacroix Riz je n’ai rien à ajouter à ce que j’ai dit.
Elle défend le stalinisme mais elle a l’avantage d’être rigoureuse sur les
faits. Elle ne fera pas comme vous. Elle n’ira pas prétendre que des bolcheviks
morts en 1926 ou 1934 ont échappé à la terreur stalinienne. Elle jouerait là-dessus
sa réputation d’historienne universitaire et elle se ferait discréditer. Vous
pouvez quant à vous agir en parfait irresponsable et raconter n’importe quoi.
Cela fait que la discussion est beaucoup plus difficile puisqu’il faut
commencer par être d’accord sur les faits avant de discuter des interprétations.
Et vous voulez même m’inviter à lire du Pablo. Désolé mais n’y comptez
pas. J’ai beaucoup d’autres lectures de prévues.