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Commentaire de Étirév

sur La possibilité d'une société fraternelle


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Étirév 5 juillet 05:54

L’immense crise des besoins humains a pour point de départ le besoin de vérité.
Avant de pouvoir dire : Voilà ce qu’il faut, il faut pouvoir dire : Voilà ce qui est.
Toutes les actions des hommes semblent n’avoir qu’un but ; le bonheur.
Qu’est-ce donc que le bonheur ? Quelle en est la base ? Où en est la mesure ?
Les philosophes libertaires, qui s’occupent beaucoup de la question, nous répondent : Le bonheur c’est, pour chaque individu, la faculté de satisfaire librement tous ses besoins physiques, intellectuels, moraux.
Or, nous voyons que l’homme, livré à lui-même, c’est-à-dire à l’impulsion de ses instincts, jette l’humanité dans un abîme de douleur. Nous voyons que, non seulement, il fait souffrir les autres, mais qu’il est lui-même victime de sa liberté puisque la première chose qu’il fait c’est d’en abuser.
Et comment en abuse-t-il ?
En se donnant des jouissances matérielles. Ses sens demandent des satisfactions que sa raison réprouve et c’est cependant à ses sens qu’il obéit.
Un vieux dicton allemand dit : « La nature est parfaite partout où l’homme n’y apporte pas son tourment. »
Voilà qui va sembler un étrange paradoxe, l’homme ne peut être heureux qu’à la condition de ne pas diriger lui-même sa vie, de confier à la femme ses plus graves intérêts, de lui confier le soin de lui rendre deux choses qu’il n’a pas su conserver et qui contiennent tous les éléments du bonheur : la Vérité et l’Amour.
L’homme ne devrait réclamer qu’une liberté : la liberté d’être heureux, qu’un droit, le droit de savoir et d’aimer.
Mais la vérité, le bonheur, l’amour, sont des choses qu’on a supprimées de ce monde, des choses dont on n’ose pas parler ; il semble que l’on commet un crime quand on ose être heureux. Si ce n’est la raillerie qui vous accueille c’est la réprobation ouverte, car votre bonheur blesse toujours une jalousie, une petitesse, une méchanceté.
C’est que « Satan », le mâle méchant et envieux, qui a renversé le monde, n’y a mis que des souffrances, votre bonheur le tourmente !
Et quand nous voulons vous tirer de l’enfer que cet homme-là vous a créé, quand nous voulons poser les bases de la vraie morale et vous rendre toutes les joies légitimes, vous rendre la liberté du bien et toutes les saintes amours, c’est nous que l’on accuse de propager des théories anti-sociales.
C’est que, pour eux, la société c’est le malheur, c’est la misère, le néant, la mort ; ils la veulent ainsi.
Nous, nous la voulons autrement. Nous voulons la vie et tout l’épanouissement de l’être. Nous voulons donner à l’homme un bonheur fait de grandeurs et non de plaisirs dégradants ; nous voulons l’affranchir du mal des autres et du sien en lui donnant une nouvelle direction morale. Nous l’exhortons à avoir, une bonne fois, assez d’énergie pour secouer les entraves que les mauvais instincts opposent à son élévation morale et aux grandes satisfactions qui en sont la conséquence.
Ecoutez ceci, vous qui prétendez au bonheur : perfectionnez-vous, car le bonheur est dans la perfection.
Donc, à ceux qui vont nous dire : « Qu’allez-vous faire de l’homme après cette révision générale que vous prétendez faire ? Que lui restera-t-il quand vous aurez repris à l’homme tant de fonctions sociales ? » Nous répondrons :
D’abord que nous ne prétendons pas modifier la Société actuelle, mais donner les bases d’une société nouvelle, laquelle ne sera, au début, qu’une « expérience sociale » tentée dans un petit coin, sans gêner personne, sans toucher à l’ancien monde puisqu’il satisfait encore un grand nombre de gens.
Ensuite, que dans ce monde nouveau nous rendrons l’homme à ses facultés naturelles, de manière que ce qu’il fera il le fera bien, et il en aura la gloire en même temps que la responsabilité.
Ce que l’homme fait bien c’est :
- Dans le domaine intellectuel : les arts, la poésie, certains genres de littérature, l’observation des faits ;
- Dans le domaine industriel : l’application de la science à l’industrie, l’exploitation de la terre, l’exploration de la mer, et toutes espèces de fabrication.
Ce qu’il fait mal c’est ce qui relève de la pensée abstraite :
- Trouver les lois de la Nature et les expliquer, c’est-à-dire faire la science abstraite.
- Trouver les lois de la morale et les appliquer, c’est-à-dire diriger les consciences et faire l’éducation de la jeunesse.
- Formuler les lois de la Justice et récompenser ou punir avec équité.
Tout cela est à la femme. A elle la science qui demande du génie ; c’est-à-dire de l’intuition, à l’homme l’art qui demande du talent.
Quand l’homme veut s’occuper de la science il en fait un art. Il a fait tous les arts industriels, l’art médical, l’art chirurgical, etc., et va même jusqu’à faire de la guerre un art ! Sur le terrain des choses abstraites il n’a fait qu’une œuvre de tâtonnement, d’imagination, de sentiment.
Et c’est ici le lieu de rappeler ces paroles de Berkstein :
« L’homme donnera l’idée confuse, brutale, énergique ; la femme la rendra sage, claire, possible.
« La femme a une finesse, une sagacité que l’homme est loin de posséder à un degré pareil, sous peine de s’exposer à perdre ses qualités viriles. »
Il nous appartient donc de rétablir les choses telles que la Nature les a faites, de montrer à chacun ce qu’il est afin de refaire de vraies femmes et de vrais hommes, c’est-à-dire de les rendre tels que la Nature a voulu qu’ils soient.


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