@moderatus
J’ai
consulté à l’époque le rapport de l’inspecteur général Obin (2004) et je n’ai
pas lu son dernier ouvrage. Ce rapport a été discuté mais pas pris au sérieux
comme d’autres rapports au même moment qui pointaient que les difficultés de l’école dans certains
secteurs avaient un lien fort avec l’aménagement et la gestion des territoires.
L’entrée
par la stigmatisation des personnes et une manipulation des chiffres est une technique de pêche électorale. Ce
n’est pas le rôle d’un élu me semble-t-il de biaiser ainsi la compréhension de
ses concitoyens et on peut s’inquiéter alors de sa capacité à résoudre les
problèmes dont ils n’expliquent pas les causes profondes et à pacifier notre
société. Jugeons-en.
Voyez-vous,
ce qui est le plus rageant, c’est que nous soyons dans la situation actuelle et
que pourtant le diagnostic avait été fait à la suite des émeutes de 2005 et que
des préconisations des plus pertinentes avaient été avancées dans l’Avis du Conseil National des Villes sur "les émeutes urbaines de novembre
2005" dont je livre ici quelques lignes .
A
l’époque, un ministre de l’intérieur avait brandi un karcher qui lui avait porté
chance puisque dans la foulée il devint président et supprima bon nombre de
postes de fonctionnaires dont plus de 10 000 dans les forces de sécurité.
Il décida aussi de ne plus rendre public les rapports des inspecteurs généraux
de l’Éducation Nationale auxquels même les personnels n’avaient plus accès.
Nous
avons actuellement un président dont l’élection doit beaucoup au RN et qui n’a
pas vu l’utilité de la politique de la ville. J’y vois malheureusement une
certaine cohérence.
J’invite
nos lecteurs à parcourir le document cité (16 pages très aérées). Chaque
information y est édifiante. C’est tellement clair que l’on évite de nous en
parler. Je crois qu’il y a ici beaucoup de choses à comprendre au vu des thèmes
qui se profilent en vu d’épicer les
recettes de la campagne électorale qui s’annonce si on ne veut pas de nouveau se faire rouler dans la farine.
A
voir que les leçons n’ont pas été tirées et l’incurie des politiques menées
depuis,je pense que nous ne sommes pas loin du scandale national.
On
aurait voulu fragmenter et déstabiliser une partie de la société que l’on ne s’y
serait pas pris autrement. Il devient urgent de reprendre les choses en mains.
Une
certaine école par la politique menée et son opposition préférée par son
argumentaire mimétique que seule la surenchère distingue se sont disqualifiés dans
cette affaire.
Je
note également à la lecture de ce document que nous avons des professionnels de
très grande qualité et lucidité. C’est dommage que nous n’ayons pas les élus
capables d’en tirer parti.
« En
outre, ces émeutes urbaines ont fait l’objet d’une couverture médiatique sans
précédent : la recherche par les médias (télévision au premier rang) du « sensationnel
» a joué un rôle certain d’entraînement et incontestablement introduit une
surenchère entre cités…..
Il y a bien une revendication sous-jacente à
ces émeutes : ces jeunes n’acceptent pas l’absence de perspectives
professionnelles et sociales. Certains revendiquent un avenir de Français à
part entière, d’autres se réfugient dans l’ethnicisation et la posture de
« victime »….
La politique de la ville a été, une
nouvelle fois, accusée d’avoir échoué. Les crédits spécifiques, limités, ont
souvent suppléé les crédits de droit commun (mal répartis et trop peu utilisés
pour les quartiers) et n’ont pas été à la hauteur de ce qu’ils auraient dû être
pour réduire les inégalités et favoriser la mobilité. Pourtant, les communes
qui ont un tissu associatif ou des personnalités sur lesquelles s’appuyer, ont
connu un retour au calme plus rapide. Le CNV l’a souligné depuis 2000, les financements
des associations de proximité ont été dramatiquement réduits ces dernières
années et beaucoup d’associations ont dû cesser leur activité….
…Des inégalités sociales et
territoriales qui s’accentuent entre ZUS et avec les autres territoires :…Une
forte proportion d’étrangers, très majoritairement non européens : 16,5% dans
l’ensemble des ZUS contre 5,6% en France. Cette proportion s’élève à 22% en
Île-de-France et à 26% en Seine-Saint-Denis. Mais si l’on prend les immigrés
récemment arrivés, cette proportion s’élève à 40% dans les ZUS de
Seine-Saint-Denis et à 24% dans l’ensemble des ZUS contre 7,6% sur l’ensemble
du territoire. »
Des ghettos ont été créés par des politiques publiques qui ont sacrifié des parties du territoire et leurs populations, ils ne sont pas apparus spontanément comme des champignons après une pluie nocturne.
http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/emeutes-urbaines-novembre-2005_cle71b7bc.pdf