’’Certains pensent vraiment que « les homosexuels d’Europe furent déportés »’’
Et pourtant, le comédien Robert Hugues-Lambert, qui incarnait Mermoz dans le fim éponyme, fut bien déporté parce qu’homosexuel. Il était l’amant d’un officier allemand, et fut déporté en tant que ’’triangle rouge’’ et non ’’triangle rose’’, les Allemands ayant décidé de camoufler l’homosexualité de leur officier et de faire passer le comédien pour un ’’oisif’’.
Les ’’triangles roses’’ ne sont pas une invention. Cousu sur l’habit de déporté, c’était un triangle rose en métal avec la pointe vers le bas. Ils furent peu nombreux en France mais beaucoup plus nombreux en Europe.
En 2008, avec l’approbation du parlement, un mémorial dédié aux victimes homosexuelles du régime nazi a été inauguré à Berlin dans le parc de Tiergarten. Il a depuis été souvent vandalisé.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Monuments_%C3%A0_la_m%C3%A9moire_des_personnes_homosexuelles_pers%C3%A9cut%C3%A9es#Berlin
https://fr.wikipedia.org/wiki/Triangle_rose
https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert-Hugues_Lambert
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Brazda
’’Le 30 mars 1933 était ouvert à Dachau le premier camp de concentration
qui servit ensuite de modèle pour Sachsenhausen, Buchenwald et
Mauthausen. On y trouve des homosexuels dès les lendemains de la prise
de pouvoir : dès 1933, Egon Wüst, l’une des stars travesties du cabaret «
Eldorado », est déporté à Dachau, et Kurt Hiller, militant du WhK, est
conduit à Orianenburg. Sachsenhausen reçoit des homosexuels à partir de
1936. Dans la plupart des cas, cependant, les homosexuels ne constituent
qu’une très petite minorité à l’intérieur du camp. À Dachau, ils
représentent 0,25 % des détenus, 2,5 % à leur plus haut niveau, en
septembre 1938. Ils sont au moins 700 à Sachsenhausen entre novembre
1939 et juin 1943, mais seulement entre 80 et 120 sur 30 000 à 50 000
détenus après cette date. À Buchenwald, ouvert en 1937, on comptait, en
1938, 28 porteurs du « triangle rose », 189 en 1944. Au total, ils ne
représentèrent jamais que moins de 1 % de l’effectif global. Il faut par
ailleurs souligner que les déportés homosexuels ne furent pas
immédiatement identifiés par le triangle rose, introduit à Dachau en
1937 [59][59]Sur 585 déportés homosexuels à Dachau, seulement 386 ont porté…,
mais par le chiffre 175, puis par des bandes rouges avec des points
noirs. À Lichtenburg, ils étaient distingués par des bandes de couleur
portées sur la cuisse et un « A » (pour Arschficker).
À Sachsenhausen, les homosexuels portaient d’abord les couleurs brun et
noir des asociaux. Le triangle rose y fut introduit à l’été 1938.’’
https://www.cairn.info/revue-d-ethique-et-de-theologie-morale-2006-2-page-77.htm#