Dimanche 8 novembre 2020 :
Covid-19 : les transferts de patients
s’accélèrent pour désengorger les hôpitaux.
- Un malade du Covid-19 a été
transféré ce dimanche des Hauts-de-France vers un hôpital
allemand.
- L’ARS d’Auvergne-Rhône-Alpes
envisage, elle, 200 nouveaux transferts de patients.
Après le Grand-Est jeudi, les
Hauts-de-France ce dimanche. Les transferts de patients vers
l’étranger, ou vers d’autres régions françaises, se poursuivent
afin de soulager des hôpitaux engorgés par la deuxième vague de
l’épidémie de Covid-19.
Un malade, hospitalisé en réanimation
à l’hôpital de Valenciennes (Nord), a été héliporté ce dimanche
matin vers l’hôpital de Münster (dans le Land de Rhénanie du
Nord-Westphalie, dans l’ouest de l’Allemagne), a indiqué l’Agence
régionale de Santé (ARS) des Hauts-de-France. Une première pour la
région.
« D’autres transferts des
Hauts-de-France vers l’Allemagne pourraient être effectués dans les
prochains jours », prévient l’ARS, afin d’éviter que les services
de réanimation des hôpitaux de la région, qui connaissent des «
tensions majeures », notamment en termes de ressources humaines,
n’arrivent à saturation.
Jeudi et vendredi, plusieurs hôpitaux
de la région Grand-Est avaient de la même façon procédé à des
transferts vers l’Allemagne de patients atteints du Covid-19 pour «
anticiper tout risque de saturation ». Des patients mosellans
avaient été transférés vers des hôpitaux du Land de Sarre,
frontalier de la Moselle.
Ce premier transfert depuis les
Hauts-de-France, une région confrontée à une « circulation très
active du virus », intervient alors que les services de réanimation
ne sont pas encore totalement saturés mais que les prévisions
d’évolution du nombre de patients en réanimation dans la région «
restent inquiétantes », constate l’ARS.
En tenant compte des effets du
confinement, ces prévisions « établissent un besoin de prise en
charge de plus de 600 patients Covid-19 réanimatoires mi-novembre -
au-delà du pic atteint lors de la première vague avec 511 patients
Covid le 5 avril ». Le nombre de lits de réanimation a déjà
augmenté de plus de 60 % dans la région, passant de 460 à 747. Il
devrait dépasser 800 dans les prochains jours.
Ces transferts sont réalisés avec
l’accord des familles des patients, qui bénéficieront si besoin «
d’un soutien en termes de transport sur site, d’hébergement ou de
traduction », souligne l’ARS.
L’ARS d’Auvergne-Rhône-Alpes envisage,
elle, 200 nouveaux transferts de patients « entre les deux
prochaines semaines », a indiqué ce dimanche sur Franceinfo son
directeur général, Jean-Yves Grall.
« En un mois, nous avons sextuplé le
nombre d’hospitalisés et nous avons fortement augmenté le nombre de
patients en réanimation, nous obligeant à adapter et anticiper pour
maintenir en permanence un matelas de lits disponibles », a expliqué
le responsable sanitaire.
Tandis que l’épidémie continue de
progresser, avec un taux d’incidence régional supérieur à 860 pour
100 000 habitants désormais, l’augmentation des hospitalisations a
déjà conduit, depuis le 23 octobre, à transférer 61 patients
d’Auvergne-Rhône-Alpes vers d’autres régions - Grand-Est, Nouvelle
Aquitaine, Pays de la Loire et Bretagne - afin d’éviter une
saturation. Une stratégie qui est donc vouée à se poursuivre.
Jean-Yves Grall a jugé par ailleurs
qu’il était encore « un petit peu tôt pour juger de l’effet du
reconfinement » : « En tout état de cause, l’effet sur les
hospitalisations sera en décalage d’une dizaine de jours, puisque
entre le moment de la contamination et l’hospitalisation, on observe
ce délai. Donc, pour l’instant, nous avons devant nous quinze jours,
quoi qu’il arrive, très difficiles sur l’hospitalisation », a-t-il
conclu.
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