J’adhère à
votre perception du moment et suis plus interrogateur sur la suite.
Déjà, ce
serait bien une fois de plus de ne pas se faire empapaouter dans la grande
élection qui est aussi devenue un grand piège et de bien peser les risques. Piège
dont nous pourrons nous débarrasser que si nous arrivons au moins à une
coalition en capacité de se rassembler et de se coordonner sans trop de
problèmes d’ego et de stratégies souterraines. La cohésion à partir d’un projet
ambitieux et pragmatique vaut plus que la promotion et la concurrence d’idées brillantes
et séduisantes dont on ne sait vraiment ce qu’elles valent qu’à l’épreuve du
feu.
Notre
division est la meilleure arme de nos adversaires. Notre position est la plus
difficile parce que nous voulons réformer notre société, rééquilibrer un
rapport de forces puissant à l’intérieur du pays comme dans l’UE alors que nos adversaires
travaillent à entretenir et conserver l’élan. Une coalition en capacité de mettre
en place un dispositif constituant et aussi de susciter et mobiliser une
participation et une volonté citoyenne sans laquelle rien ne sera garanti me
semble incontournable. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que nous
aurions relevé dans un moment critique un défi redoutable. Parce ce que c’est exactement
la situation devant laquelle nous sommes. Notre pays est arrivé à un tournant critique
pour son économie, sa cohésion, sa capacité à affirmer et conserver son
identité en évoluant et relevant les défis de l’époque en raison de l’affrontement
idéologique sans merci qui lui est imposé, la transformation de ses bases sociologiques
menée à bas bruit tant que c’est possible et par coups de butoir aux moments
jugés propices par des classes
dirigeantes internationalisées .Une forme de ce qu’il faut bien appeler un coup
d’état silencieux et progressif masqué
par la cacophonie de l’hystérie médiatique.
Il y a encore un
travail en profondeur à faire pour que collectivement nous en percevions la
nécessité et ce que cela signifie. Ce ne sont pas les idées qui manquent ni les
compétences mais l’affirmation d’une cohérence et d’une volonté politique
rassemblées à gauche sans faux-semblants. L’homme ou la femme, le couple idéal,
arrêtons cette rhétorique. Si vous saviez qui en a parlé si suavement ce
dimanche à France Inter. Pourquoi pas à nouveau la comédie de primaires pour
perdre encore un peu plus de temps, d’illusions et de crédibilité.
Sans volonté ni cohérence politique nous sommes sûrs de
perdre faute de soutien suffisant de nos concitoyens qui pensent à raison que
ce sont les conditions incontournables d’un succès électoral, d’une bonne prise
en mains des affaires et du respect de leurs attentes. Si nous ne savons pas
nous mettre en ordre de marche sur des objectifs communs qui montrent un chemin
pragmatique, nous n’aurons pas ce soutien. Chacun se retrouvera derrière un
champion qui attend son heure et vit son aventure personnelle. Dans un système
à deux tours, la puissance des médias dans les mains de qui vous savez imposera
de nouveau ses choix. Il y a une certaine urgence parce qu’à droite comme à
gauche dans la sphère politico-médiatique de petits laboratoires nous scrutent
et travaillent déjà à imaginer des coups et des histoires pour nous embarquer
et nous éparpiller. Peut-être que nous avons envie d’être plus que des
supporters, des clients ou des prospects. Il me semble que c’est le message
envoyé depuis des années par les abstentionnistes qui ne demanderaient pas
mieux que de voter pour une coalition rassemblée clairement autour d’un projet
qui ne serait pas improvisé ni inspiré par l’imminence d’une élection autour de
personnalités . L’élection se gagne au premier tour. Un projet se travaille bien en amont afin de permettre des discussions constructives.Cela demande beaucoup de travail, de la persévérance, permet le recul et l’ouverture dans de bonnes conditions me semble-t-il.Souhaitons que nous puissions mutualiser nos points d’accord plutôt que nos regrets après le verdict.