Vendredi 5 février 2021 :
Covid-19. Santé publique France estime
que des « mesures plus strictes » seront vite
nécessaires.
La diffusion de variants du coronavirus
plus transmissibles rend probable la nécessité de « mesures plus
strictes » en France « dans un avenir proche », en raison d’un
nombre de malades hospitalisés déjà « très élevé », a estimé
ce vendredi 5 février un responsable de Santé publique France.
Pour l’heure, le gouvernement exclut
un nouveau confinement. Jean Castex n’a d’ailleurs pas annoncé
de nouveau tour de vis lors de sa conférence de presse, jeudi
4 février. Jusqu’à quand ? Santé publique France ne
cache pas ses inquiétudes.
Il est probable que le R effectif, le
taux de reproduction qui mesure la dynamique de l’épidémie, « dans
un avenir proche va passer largement au-dessus de 1 et donc que des
mesures plus strictes que celles aujourd’hui en place deviendront
nécessaires », a déclaré ce vendredi 5 février Daniel
Lévy-Bruhl, responsable de l’unité infections respiratoires de
l’agence de santé publique, lors d’un point de presse
hebdomadaire.
Cette augmentation prévisible du taux
de reproduction est liée à « la poursuite de la diffusion des
variants » qui ont émergé au Royaume-Uni, en Afrique du Sud
et au Brésil.
La proportion de cas suspectés d’être
l’un de ces trois variants plus contagieux s’élevait, au
27 janvier, à 14 % du total des cas détectés, selon des
résultats encore préliminaires publiés jeudi. Au 7-8 janvier, la
proportion du variant britannique avait été mesurée à 3,3 %
des cas positifs.
« La dynamique mise en évidence
entre ces deux enquêtes malheureusement confirme la diffusion
progressive de ces variants », observe M. Lévy-Bruhl.
Les résultats définitifs, issus des
séquençages des cas suspects, devraient être disponibles la
semaine prochaine, selon Santé publique France.
La semaine dernière, le taux de
reproduction du Sars-Cov-2 a un peu ralenti par rapport à la semaine
précédente, mais est resté légèrement supérieur à 1, seuil qui
marque une accélération de l’épidémie.
« Tant qu’on a un R supérieur
à 1, on ne peut pas durer longtemps comme cela, ne serait-ce que
parce que le niveau aujourd’hui d’incidence et de charge
hospitalière est déjà élevé , avec près de 28 000 malades
hospitalisés, dont plus 3 200 en réanimation »,
souligne Daniel Lévy-Bruhl.
Même un taux de reproduction à 1, ce
ne sera pas suffisant pour nous tirer d’affaire, juge
l’épidémiologiste. En effet, cela signifierait « un nombre
constant de nouvelles hospitalisations », mais en raison de la
durée du séjour des patients, le nombre de nouvelles
hospitalisations est supérieur au nombre de sorties et donc les
hôpitaux vont se remplir.
Avec 143 325 nouveaux cas
détectés la semaine dernière, la circulation du coronavirus s’est
stabilisée à un niveau très élevé, relève Santé publique
France dans son bulletin hebdomadaire.
Le taux de positivité des tests de
dépistage est redescendu de 7,1 % à 6,7 %, les nouvelles
hospitalisations sont restées stables à environ 11 100 et
les admissions en réanimation ont augmenté de 6 % à 1 800.
https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/covid-19-sante-publique-france-estime-que-des-mesures-plus-strictes-seront-vite-necessaires-7144359