L’article souffre d’un
certain éparpillement, entre discours apologétique, recension
historique, déploration des maux actuels, etc. D’une
manière générale, la pensée critique est forcée de reconnaître
que les institutions caritatives chrétiennes s’inscrivent toujours
plus ou moins dans un système social plus vaste, dont elles sont
tributaires. Ce que vous décrivez dans cet article découle-t-il
d’un christianisme ne varietur, ou plus simplement du système
féodal ? L’Histoire des Institutions de Jacques Ellul, et en
particulier le second tome consacré au Moyen Âge, montre bien que
l’Église au Moyen Âge assumait des fonctions, sociales et
pratiques, qui ont été assurées avant, et qui seront assurées
après, par d’autres instances, et qu’elles n’ont donc rien
d’intrinsèquement chrétien. L’apport propre du christianisme se
situe sans doute à un autre niveau, moins visible. Votre article
donne l’impression qu’il faut considérer avant tout le
christianisme comme un système de redistribution des richesses.
Souvenez-vous de la parabole de la pauvre veuve chez Marc : ce
n’est pas la quantité d’argent redistribuée qui compte au yeux
de Dieu.