Suite 3 : La Foi et la Raison Jean-Paul II
Chapitre III - Intellego ut credam
« L’évangéliste
Luc rapporte dans les Actes des Apôtres que, durant ses voyages
missionnaires, Paul arriva à Athènes. La cité des philosophes était
remplie de statues représentant différentes idoles. Un autel frappa son
attention et, saisissant aussitôt cette occasion, il définit un point de
départ commun pour lancer l’annonce du kérygme : « Athéniens —
dit-il —, à tous égards vous êtes, je le vois, les plus religieux des
hommes. Parcourant en effet votre ville et considérant vos monuments
sacrés, j’ai trouvé jusqu’à un autel avec l’inscription : « Au dieu
inconnu ». Eh bien ! ce que vous adorez sans le connaître, je viens,
moi, vous l’annoncer » (Ac 17, 22-23). À partir de là, saint Paul parle
de Dieu comme créateur, comme de Celui qui transcende toute chose et qui
donne la vie à tout. Il continue ensuite son discours ainsi : « Si d’un
principe unique il a fait tout le genre humain pour qu’il habite sur
toute la face de la terre, s’il a fixé des temps déterminés et les
limites de l’habitat des hommes, c’était afin qu’ils cherchent la
divinité pour l’atteindre, si possible, comme à tâtons et la trouver ;
aussi bien n’est-elle pas loin de chacun de nous » (Ac 17, 26-27).
L’Apôtre met en lumière une vérité dont l’Église a toujours fait
son profit : au plus profond du cœur de l’homme sont semés le désir et
la nostalgie de Dieu. La liturgie du Vendredi saint le rappelle aussi
avec force quand, invitant à prier pour ceux qui ne croient pas, elle
nous fait dire : « Dieu éternel et tout-puissant, toi qui as créé les
hommes pour qu’ils te cherchent de tout leur cœur et que leur cœur
s’apaise en te trouvant ». (22) Il y a donc un chemin que l’homme peut
parcourir s’il le veut ; il part de la capacité de la raison de s’élever
au-dessus de ce qui est contingent pour s’élancer vers l’infini.
De plusieurs façons et en des temps différents, l’homme a montré
qu’il sait exprimer cet intime désir. La littérature, la musique, la
peinture, la sculpture, l’architecture et tous les autres produits de
son intelligence créatrice sont devenus des canaux par lesquels il
exprime les aspirations de sa recherche. La philosophie, de façon
particulière, a épousé ce mouvement et a exprimé, avec ses moyens et
selon les modalités scientifiques qui lui sont propres, ce désir
universel de l’homme. »
Avancer dans la recherche de la vérité
« L’évangéliste
Luc rapporte dans les Actes des Apôtres que, durant ses voyages
missionnaires, Paul arriva à Athènes. La cité des philosophes était
remplie de statues représentant différentes idoles. Un autel frappa son
attention et, saisissant aussitôt cette occasion, il définit un point de
départ commun pour lancer l’annonce du kérygme : « Athéniens — dit-il
—, à tous égards vous êtes, je le vois, les plus religieux des hommes.
Parcourant en effet votre ville et considérant vos monuments sacrés,
j’ai trouvé jusqu’à un autel avec l’inscription : « Au dieu inconnu ».
Eh bien ! ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous
l’annoncer » (Ac 17, 22-23). À partir de là, saint Paul parle de Dieu
comme créateur, comme de Celui qui transcende toute chose et qui donne
la vie à tout. Il continue ensuite son discours ainsi : « Si d’un
principe unique il a fait tout le genre humain pour qu’il habite sur
toute la face de la terre, s’il a fixé des temps déterminés et les
limites de l’habitat des hommes, c’était afin qu’ils cherchent la
divinité pour l’atteindre, si possible, comme à tâtons et la trouver ;
aussi bien n’est-elle pas loin de chacun de nous » (Ac 17, 26-27). »
Les différents visages de la vérité de l’hommeUn
avertissement : « Il faut reconnaître que la recherche de la vérité ne
se présente pas toujours avec une telle transparence et une telle
cohérence. La nature limitée de la raison et l’inconstance du cœur
obscurcissent et dévient souvent la recherche personnelle. D’autres
intérêts d’ordres divers peuvent étouffer la vérité. Il arrive aussi que
l’homme l’évite absolument, dès qu’il commence à l’entrevoir, parce
qu’il en craint les exigences. »