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Commentaire de Jean Dugenêt

sur Débat entre des trotskistes d'Argentine


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Jean Dugenêt Jean Dugenêt 24 mars 09:59

@Jean Dugenêt
J’en étais là :
"Qu’est-il arrivé au trotskysme depuis ce moment (depuis la mort de Trotsky en 1940) jusqu’à nos jours ? Pourquoi, si Trotsky nous a légué une base solide, le trotskisme est-il divisé aujourd’hui en plusieurs tendances ? Pourquoi aucune des organisations internationales qui revendiquent l’héritage de Trotsky n’a-t-elle réussi à gagner une influence de masse ? Et bien sûr, pourquoi n’avons-nous pas réussi à prendre le pouvoir dans aucun pays ? Voilà les questions qui sont posées... "

La réponse c’est que les trotskistes étaient trop faibles quantitativement et aussi qualitativement à la sortie de la guerre pour maintenir le cap fixé par Trotsky. Quand je dis qu’ils étaient faibles qualitativement, je veux dire qu’il leur manquait l’expérience et la formation nécessaire. Face aux difficultés pour construire l’internationale révolutionnaire, ils ont capitulé en cherchant des raccourcis et donc en abandonnant le trotskisme. Dès 1951 la direction avec Michel Pablo, Ernest Mandel et Pierre Franck a sorti toute une théorie qui était une anticipation sur la fameuse théorie des blocs de Samuel Huntington. La lutte entre les blocs (Bloc capitaliste, bloc de l’URSS, bloc du tiers monde...) venait, sinon se substituer, du moins prendre l’avantage sur la lutte des classes. Il fallait alors défendre le bloc de l’URSS et en conséquence entrer dans les partis communistes. Il fallait aussi entrer dans tous les mouvements petits-bourgeois qui semblaient à un moment donné être à la tête de mobilisations ouvrières ou paysannes. Il y a eu une conséquence dramatique immédiatement en 1952 lors d’une révolution en Bolivie. Il faudra que je raconte cela une autre fois.

C’est cette politique qui a amené des crises avec des scissions chez les trotskistes et finalement la désagrégation de la IVème internationale. Nous en avons encore aujourd’hui un très bel exemple avec le NPA qui se met à la remorque un jour de Chavez, le lendemain de Syrisa... et ne construira jamais de parti révolutionnaire.

Pour imposer cette politique révisionniste la direction a usé de méthodes bureaucratiques afin d’interdire toute discussion. Cela s’est répété plusieurs fois notamment avec Lambert. Le bilan de cela aussi est ici tiré par les participants à la discussion pour définir un mode de fonctionnement où la démocratie l’emporte sur le centralisme, où personne ne peut se prendre pour Lénine ou Trotsky au point d’imposer son autorité. Il est exemplaire qu’ils puissent ensemble mener une discussion sans concession mais sans violence verbale.

Ce que je viens d’écrire est évoqué par Mercedes Petit quand elle dit :
"Dans ce contexte, l’extrême faiblesse du trotskisme donnait lieu à des réponses révisionnistes, opportunistes et même à des méthodes bureaucratiques et brutales et à des fausses déclarations. Pablo et Mandel ont capitulé devant les partis communistes-staliniens et les dirigeants nationalistes bourgeois de manière irréversible ce qui a conduit à la crise, à la division et à la dispersion de la Quatrième Internationale."


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