Cette situation devrait être parfaitement indifférente à tout homme ou femme de
gauche normalement constitués c’est à dire fidèles à des
valeurs de base – l’égalité et la fraternité - ne parlons
plus de liberté ce serait une insulte à l’époque que nous vivons
- et à des principes qui ont fait leurs preuves en arrachant par la
lutte ces avantages sociaux que l’on détricote depuis des
décennies avec la complicité de cette supposée Gauche derrière
laquelle tout le monde devrait utilement s’unir pour continuer le
« macronisme » sans Macron.
On
remarquera le coup de génie de la Droite et des Médias pour avoir
réussi à affubler la Gauche véritable d’une qualification qui a
depuis fait florès y compris dans des milieux qui auraient dû en
toute logique en rester préservés tant le concept en lui-même est
d’une indigence totale : le fameux « islamo-gauchisme »
où sont reprochés en réalité les manifestations humanistes de soutien non à
des islamistes obtus ni même à de simples musulmans mais à des personnes
qui sont au-bas de l’échelle sociale et pour qui la religion est
peut-être le seul ciment qui leur permette de ne pas sombrer, cet opium du peuple dont il faut les débarrasser non en les rejetant mais en essayant de leur ouvrir des perspectives plus terre à terre qu’un incertain paradis ; l’insertion dans la communauté nationale ne se décrète pas par la ségrégation mais par un esprit d’ouverture.
Mélenchon
a certainement des défauts mais, jusqu’à preuve du contraire, il
reste fidèle à ses engagements et ne se laisse pas perturber par
les sirènes qui, sous prétexte de ramener une soi-disant Gauche au
pouvoir sans réel projet politique de rupture, voudraient capter les
voix de ceux qui se reconnaissent dans le mouvement des « Insoumis ».
Il a popularisé l’écosocialisme qui essaye de combiner la nécessité absolue d’un revirement des priorités de notre société pour préserver les ressources naturelles en adéquation avec le nécessaire progrès humain et une meilleure répartition des fruits du travail commun.
Même le chantage au bloc républicain pour barrer la route à
l’héritière Le Pen risque de ne pas fonctionner, l’opinion
majoritaire et pas seulement à Gauche étant, je crois, de se
désintéresser au second tour des vaticinations oiseuses l’appelant
à choisir entre la peste et le choléra, deux fléaux qui ont déjà
bien infecté, avec la complicité des médias « main stream
« des couches importantes de la population.
En démocratie
la population est responsable de ses choix ou de ses non-choix :
si elle veut confier les destinées de la nation aux mains inexpertes
de la Le Pen et de son bataillon de bras cassés, qu’il en soit
ainsi, elle aura tout le temps de payer son inconséquence et elle
verra que, au mieux, rien ne changera mais qu’au contraire, la situation
risque d’empirer sans aucune perspective de sortie.
Comme le Brésil
est condamné à supporter les coups de folie de Bolsonaro jusqu’à
l’échéance de son mandat.