@Fergus
Bonsoir Fergus et merci pour votre visite comme pour votre commentaire.
Bien sûr, le texte de Tocqueville comme d’autres avertissements n’a pas été suivi des événements attendus. Il n’empêche que d’autres circonstances sont apparues, que personne n’avait exactement prévues, telle la défaite de 1870 et la redistribution des cartes qui s’en est suivie. La société française n’en a pas moins continué d’évoluer, de changer, de se modifier.
Je ne suis naturellement pas devin mais il me semble pourtant que la tendance qui se dessine ne me paraît pas de bon augure.
Une chose me semble certaine (il n’est qu’à lire les manchettes et articles de quotidiens — je pense au journal Le Monde, édition datée 10 août 2021) : les interprétations sont « intranquilles », manquent sérieusement de quiétude et pour tout dire, se cherchent.
Mais une chose est certaine : le raidissement général de l’Excutif comme le refus affiché d’envisager la suppression dudit passe sanitaire (aucun horizon), ce qui est à la fois incroyable et inacceptable, ne pourront rester en l’état comme fait accompli.
Bien à vous ;
Renaud Bouchard
Entretien. Erik Neveu est professeur émérite de sciences politiques à l’université de Rennes et coauteur de Nouvelle sociologie politique de la France, avec Thomas Frinault et Christian Le Bart (Armand Colin, 300 p., 29 euros). Il décrypte pour Le Monde les manifestations contre le passe sanitaire, alors qu’un quatrième samedi de mobilisation doit avoir lieu, ce 7 août.
https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/08/07/anti-passe-sanitaire-c-est-un-mouvement-sulfureux-difficile-a-recuperer-pour-un-parti-a-moins-d-un-an-de-la-presidentielle_6090822_823448.html
Anti-passe
sanitaire : « C’est un mouvement sulfureux, difficile à récupérer pour
un parti à moins d’un an de la présidentielle »
Selon le politologue Erik Neveu, si la mobilisation a des
similitudes avec les « gilets jaunes », elle se condamne à l’impuissance
si elle ne peut se traduire en propositions ou en relais politiques.
Comment peut-on expliquer la forte mobilisation des manifestations anti-passe sanitaire, au cœur de l’été ?
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Pour
une part des participants, par une exaspération devant la
multiplication des contraintes, des incohérences aussi des politiques
publiques depuis dix-huit mois, par le sentiment bien fondé de ce que
certaines décisions parachutées sans préavis sont inapplicables, quel
que soit le jugement que l’on ait sur elles. Pour d’autres, par le
sentiment d’être les victimes directes des choix gouvernementaux, comme
c’est le cas des restaurateurs ou des acteurs culturels. Pour une autre
catégorie de personnes, sans doute plus structurée politiquement, par
des convictions anti-vaccins et anti-étatistes.
Y a-t-il un précédent d’une mobilisation sociale estivale ou est-ce inédit ?
Il
y a eu, en 1953, une vague de grèves partie des PTT dans le Sud-Ouest
et qui a gagné le pays entier. On peut penser aussi au mouvement de
soutien aux sans-papiers qui occupaient l’église Saint-Bernard à Paris
du temps du binôme Chirac-Juppé, au milieu des années 1990. Mais il
faudrait introduire un autre paramètre : le besoin des rédactions de
trouver de quoi remplir l’actualité en plein été. Ce qui a sans doute
gonflé la couverture.
Peut-on comparer ces manifestations avec celles du mouvement des « gilets jaunes » ?
Le
problème c’est que tous, universitaires et journalistes, allons
désormais remplacer « mai 68 » par « gilets jaunes » comme étalon des
mobilisations.