Plaidoirie pour Tsitsipas et réquisitoire contre le porte-parole
Stefanos Tsitsipas : « Personne n’a fait du vaccin une obligation. À un certain stade, je devrai (le faire), j’en suis à peu près sûr, mais jusqu’ici ça n’a pas été obligatoire pour jouer, donc je ne l’ai pas fait, non. (…)
Tsitsipas s’exprime en homme libre
En substance : Le vaccin n’est pas obligatoire, je ne me vaccine pas pour l’instant. Tsitsipas aurait pu s’en tenir là. C’est en voulant en rajouter qu’il s’est fait piéger. En effet, parler de probabilités et de risques épidémiologistes n’est pas son domaine ni celui du porte-parole qui lui a répondu.
Le cas de ce dernier est plus grave parce qu’il parle au nom d’un gouvernement, d’un camp politique, d’une idéologie. Il ne s’exprime pas librement mais en suivant les instructions que le pouvoir lui donne. Enfin, il impose à tous ses citoyens une prétendue vérité dont il ne dispose pas Un porte-parole n’est pas un porte-vérité, c’est juste un propagandiste du pouvoir. Remettons-le bien dans ce rôle qui est le sien et qui le limite considérablement.
Tsitsipas est responsable parce qu’il n’engage que lui-même :
Le porte-parole au contraire donne une injonction à tout le monde. C’est une grave responsabilité. Au nom de quoi peut-il priver les gens de leur liberté ? La phrase du porte-parole »Il n’a ni la connaissance, ni le bagage, ni le travail de recherche qui lui permettraient de se former une opinion là-dessus« se retourne contre celui qui la prononce car ce dernier n’a pas le bagage nécessaire pour décider de ce qui est bon pour tout le monde. L’aurait-il, il ne pourrait pas faire le bien des gens malgré eux !
Tsitsipas ne parle que pour lui-même et ne donne aucune instruction aux autres personnes. La liberté est du côté du premier qui a donc toute ma sympathie. Mais ceci n’est pas mon argument décisif.
Tsitsipas est responsable parce qu’il se conforme aux lois de son pays
Il dit : la vaccination n’est pas obligatoire. La liberté est un principe constitutionnel et supra national. Vous pouvez refuser le vaccin sans donner la moindre explication. Vous avez le droit le plus strict de refuser juste parce que cela n’est pas votre désir.
En effet, qu’est-ce que la liberté ? C’est la ligne de nos actions et de nos choix entre deux opposés : la nécessité et le déterminisme d’une part, la liberté d’autre part.
Tout ce qui n’est pas du domaine de la nécessité (ou de l’obligation légale) est liberté. Autrement dit la liberté n’a pas besoin de repose sur une explication rationnelle dont vous auriez à vous justifier devant les autres. La seule limite en France est de ne pas nuire à autrui et de ne pas enfreindre la loi.
Tout citoyen peut refuser la vaccination et refuser de donner la moindre explication de son choix. Cela est même recommandé quand le pouvoir et les docteurs ont élaboré des raisons scientifiques très fortes avec chiffres et courbes à l’appui. Vos chances de perdre en raisonnant sont grandes et vous pouvez finir par être convaincu que vos raisons sont mauvaises et que même vous ne valez rien. Elles le sont peut-être d’ailleurs mais vous n’en demeurez pas moins libres ( »tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits« ) puisque votre souhait, votre envie font partie de votre liberté. Celle-ci n’a pas besoin de se fonder sur des arguments scientifiques.
Stefanos Tsitsipas a parlé vrai mais il s’est fait piéger par les rhétoriciens
Je reprends la phrase excellente de Stefanos Tsitsipas : »Personne n’a fait du vaccin une obligation. À un certain stade, je devrai (le faire), j’en suis à peu près sûr, mais jusqu’ici ça n’a pas été obligatoire pour jouer, donc je ne l’ai pas fait, non. (…)
Cette énonciation est parfaite et il n’y a absolument rien à y redire.
Il aurait pu se taire en faisant le choix de refuser la vaccin par faute d’envie. Mais il a joué la carte de l’honnêteté et de la responsabilité. J’insiste beaucoup sur ce dernier point. En effet, son propos est très responsable. Il dit que si le vaccin devenait obligatoire pour lui, il se plierait à la loi. Il dit même « je devrai le faire ». Il accepte donc l’obligation.
Ce qu’il a dit ensuite est superflu et c’est sur ce superflu que certains font une polémique. Quand l’essentiel est dit, pourquoi chipoter sur du superflu ?