@Yann Esteveny
Pour mener un combat il faut être en forme ; pour être ensemble il faut :
" De même la musique a le pouvoir de dissiper dans les cœurs la tension,
effet des sentiments sombres. L’enthousiasme du cœur s’exprime
spontanément dans le chant, la danse, les mouvements rythmiques du
corps. Depuis toujours, la vertu exaltante des sons invisibles qui
émeuvent et unissent les cœurs des hommes a été ressentie comme une
énigme. Les souverains mettaient à profit ce goût naturel pour la
musique. Ils le rehaussaient et l’ordonnaient. La musique était
regardée comme une chose grave et sainte, devant servir à purifier les
sentiments des hommes. Elle était destinée à célébrer les vertus des
héros et à lancer ainsi un pont en direction du monde invisible. Dans
le temple, on s’approchait de la divinité en s’accompagnant de musique
et de pantomimes (celles-ci ont ultérieurement donné naissance au
théâtre). Les sentiments religieux envers le Créateur du monde étaient
purifiés au moyen des sentiments humains les plus saints, la vénération à
l’égard des ancêtres. Ceux-ci étaient invités à ces services divins en
tant qu’hôtes du Seigneur du ciel et représentants de l’humanité dans
ces régions supérieures. En unissant le passé humain et la divinité en
de solennels moments d’émotion religieuse, on scellait le lien entre la
divinité et l’humanité. Le souverain, qui honorait la divinité dans ses
ancêtres, était par là le Fils du Ciel en qui le monde céleste et le
monde terrestre entraient mystiquement en contact. Ces pensées
constituent le résumé ultime et suprême de la civilisation chinoise.
Confucius a lui-même déclaré au sujet du grand sacrifice au cours duquel
ces rites étaient accomplis : « Celui qui aurait pleinement compris ce
sacrifice pourrait gouverner le monde comme s’il le faisait tourner dans
le creux de sa main »
Yi King, l’Enthousiasme, Image.