Ce texte présente la même ambigüité que « Le lâcher de salopes »
de Bigard : contrairement à ce qui se passe avec le sketch des inconnus « Les chasseurs »
dans lequel le rire des spectateurs est bien déclenché par la caricature de
personnages ridiculisés dans leurs propos « arriérés », on ne sait
pas si les spectateurs de Bigard s’amusent de la dénonciation des gros cons ou
s’ils ne savourent pas des plaisanteries auxquels ils sont d’autant plus
habitués qu’ils les distillent eux-mêmes régulièrement.
Et puis, ce texte soulève une autre question : celle
des lauréates. De même que, dans les propos moralisateurs sur l’adultère, c’est
toujours le mari infidèle qui est montré du doigt, on ne se pose pas souvent la
question de savoir si sa partenaire n’est pas elle-même une femme mariée ou si
sa propre épouse ne se livre pas aux mêmes « turpitudes ». Rien, dans
ce texte, n’indique le positionnement des compétitrices ! Machin Truc le
méchant ne les a pas assomées pour les troncher dans sa caverne ? Si ?
Qui qu’il en soit, de toute façon, si le style du dialogue
de la machine à café rapporté ici est un peu ampoulé par rapport à ce qu’on
peut entendre dans la réalité, le contenu des propos n’a rien d’anachronique et
les précautions prises par l’auteur en introduction sont superfétatoires :
rien de changé. Pas plus chez les chasseurs que chez les dragueurs, malgré les satires
des humoristes.