• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de microf

sur Gare aux poutinolâtres !


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

microf 16 mars 2022 11:00

@microf

Chère @Rosemar vous prie de lire ici quelques extraits de la suite de la guerre cachée de la France au Cameroun.

" Le Cameroun accède finalement à l’indépendance en 1960. Mais il reste sous l’étroit contrôle politique et économique de la France et du M. Afrique de De Gaulle, Jacques Foccart, qui impose à sa tête le président Ahmadou Ahidjo. Ceux qui dirigent ainsi l’Etat camerounais« n’ont jamais combattu pour l’indépendance mais ont été contraints de l’accepter »souligne l’historien Emmanuel Tchumtchoua, qui note que« l’indépendance n’a pas mis fin à l’injustice et à la discrimination du régime colonial ».L’UPC poursuit la lutte de libération dans l’Ouest, en plein pays bamiléké, via sa branche armée, l’Armée de libération nationale du Kamerun (ALNK). Ahidjo la combat sur le mode de la politique de la terre brûlée et avec l’aide active de l’armée française, qui est restée sur place jusqu’en 1964 pour former son homologue camerounaise. Les deux Maurice, Delaunay et Robert - des proches de Foccart -, supervisent la liquidation des maquis « upécistes » avec le chef des services camerounais, Jean Fochivé.« Dans chaque village, il y a eu de nombreux morts »,raconte un journaliste originaire de l’Ouest, Denis Nkwebo, du quotidien privéle Jour. « Seize membres de ma famille ont été exécutés le même jour. On n’a jamais su ce qu’on leur reprochait. »Des bandes de pillards se mêlent aux rebelles et sèment la confusion. Le village de Badenkop, siège de l’état-major de l’ALNK, a été« complètement vidé » de sa populationet incendié. Comme plusieurs centaines de milliers d’autres, ses habitants ont été parqués dans un camp pendant quatre ans.« Seules deux ou trois personnes étaient autorisées à sortir chaque jour du camp »raconte un habitant.

Ce n’est probablement pas non plus le pouvoir actuel qui demandera à la France de« reconnaître les massacres qu’elle a commis au Cameroun », déplore le président de l’Asvecam, Mathieu Njassep, ancien secrétaire d’Ernest Ouandié. Pourtant,« les responsabilités doivent être établies »,plaide-t-il. Nous reconnaissons, nous, que certains de nos camarades ont fait des choses qui n’étaient pas correctes. Chaque partie doit assumer sa part de responsabilité. » Mais en France le black-out est total. « C’est incalculable le nombre de fois où nous nous sommes vus répondre, que ce soit par des personnes qui ont travaillé du côté de l’armée française, des services de renseignements ou des responsables politiques : « Mais il ne s’est rien passé au Cameroun ! » Comme s’il y avait un pacte qui dit qu’il ne faut rien raconter. C’est assez troublant »,témoigne Gaëlle Le Roy, auteure, avec Valérie Osouf, du documentaire Autopsie d’une indépendance (2008). Aucun militaire français présent dans le pays entre 1955 et 1964 n’a accepté de témoigner.

« Le fait qu’on ait utilisé des armes interdites comme le napalm explique aussi ce grand silence »
renchérit Gabriel Périès. François Gèze, le directeur des éditions de la Découverte, prépare avec trois jeunes historiens, français et camerounais, un ouvrage sur la question qui complétera les rares écrits des historiens Richard Joseph et Achille Mbembe ou de l’écrivain Mongo Beti :« C’est une guerre secrète à tous les égards : elle n’est absolument pas documentée sur le plan historique. »Pourtant,« cette guerre « qui n’a jamais eu lieu » est dans les archives, souligne Périès.Mais si on ouvre réellement celles-ci, il y aura un problème : la destruction totale ou partielle d’un groupe social, d’une race ou d’un groupe ethnique[les Bassas et les Bamilékés, ndlr]est considérée comme un génocide et c’est un crime imprescriptible… » Peu de chance, donc, qu’elles soient rendues accessibles tant que certains acteurs impliqués sont en vie.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès


https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/