Bon article et qui me fait penser aux thèmes que j’ai apprécie dans un roman de Marc Dugain.
« Une exécution ordinaire », a été écrit en 2007 et couvre trois générations de l’histoire Russe, jusqu’à Poutine. C’est écrit comme John Le Carré savait le faire. Je vous en livre
quelques extraits, qui n’ont rien perdu...
-Nous
sommes la seule espèce où un malade mental, qui convoite le bout de
territoire de son voisin ou bien se trouve soudainement inspiré par
une pensée globale, peut entraîner derrière lui des millions de
gens ravis qu’on leur décolle le nez du fond de leur écuelle.
-La
terreur requiert un dosage subtil, sinon nous sommes obligés de tuer
beaucoup trop de monde, et je le répétais encore ce matin au
Politburo, elle doit être perçue comme un phénomène irrationnel
du point de vue des ses victimes, mais elle est un phénomène quasi
scientifique du point de vue de ceux qui l’infligent, sinon, c’est
n’importe quoi.
-La
Russie d’aujourd’hui, voyez-vous, c’est l’Amérique de la fin du XIXe
s., le souci des Indiens en moins, et une vieille catégorie de
serviteurs de la nation en plus, qui ont compris que, s’ils ne
défendaient pas leurs intérêts eux-mêmes, il ne fallait pas
compter sur les nouveaux riches pour le faire.
-Quand
la corruption devient un mode de vie, rien n’est impossible,
l’improbable s’efface devant l’opportunité. La corruption à l’ère
de l’Union soviétique, c’était du folklore, maintenant c’est le
cancer.
-Le
bon dirigeant d’un empire doit être comme un gros chat, d’une
infinie patience, regardant les uns et les autres s’agiter
fébrilement. Et puis, alors que plus personne n’est capable
d’imaginer cette grosse boule bondissante, elle se déploie. Le
pouvoir exige de donner le sentiment qu’on élève une apparente
médiocrité au niveau d’un art.