Ukraine : Responsabilité écrasante de l’ONU et de la France en particulier
Comaguer, comme souvent nous présente un article fondamental sur le
viol systématique par l’occident de la Libye à l’Ukraine de la charte
des Nations unies. Le rôle de la France dans les deux cas est à la
pointe du crime, et on comprend le peu de crédit qu’à partir en
particulier de Sarkozy notre pays a dans le monde ; c’est une attitude
de pays voyous et de dirigeants mafieux qui n’a plus rien à voir avec le
gaullisme dont certains osent encore se réclamer. Qu’il se trouve en
France si peu de forces politiques pour avoir le courage de faire ce que
jadis aurait au moins accompli le parti communiste dans la
dénonciation, le consensus dont ont joui ces dirigeants français qu’ils
soient de droite ou de gauche participe d’un déclin français que
l’extrême-droite cherche abusivement dans des peuples victimes de ces
gens-là. À lire absolument. (Danielle Bleitrach)
***
En 2014 après le renversement par la violence du gouvernement légal
de Yanoukovitch éclate la crise dite du Donbass, lorsque deux des
provinces de l’Est : celles de Lougansk et celle du Donetsk ne
reconnaissent pas le gouvernement Porochenko issu du coup d’État.
Celui-ci exécute sans tarder le mandat politique qui lui a été confié
par les États-Unis : liquider militairement la rébellion.
Ce type d’action violente d’un État contre une partie de sa
population est défini clairement dans le Chapitre VII de la Charte des
Nations unies. Elle est interdite et l’ONU peut la sanctionner.
C’est en application des dispositions de ces articles de la Charte
que le 14 Mars 2011 le Conseil de sécurité de l’ONU autorise –
résolution 1973 – une action militaire contre le gouvernement libyen qui
agresserait la population de Benghazi en révolte contre le pouvoir
central. La résolution portée par la France de Sarkozy et par le Royaume
Uni de Cameron est adoptée par le Conseil de sécurité. Deux membres
permanents : la Russie et la Chine s’abstiennent. L’action militaire est
organisée par l’OTAN, les États-Unis assurant la coordination des
actions menées principalement dans les airs et sur le terrain par ses
deux alliés occidentaux.
L’intervention de Alain Juppé ministre français des Affaires
étrangères qui a fait spécialement le déplacement à New-York pour
justifier l’usage par l’ONU de la force contre un État membre est un
morceau de bravoure surtout lorsqu’on le confronte à la réalité des
opérations guerrières qui ont suivi le vote de la résolution.
Déclarations avant le vote
Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères de la France, a déclaré
avant le vote que « le monde était en train de vivre une de ces
révolutions qui changent le cours de l’histoire ». Estimant que les
peuples arabes clament leur désir de démocratie, les transitions en
Tunisie et en Égypte étant menées dans un esprit de maturité, il a
estimé que « ce nouveau printemps arabe était pour nous tous une bonne
nouvelle ». Le ministre français des Affaires étrangères a ensuite
invité le Conseil à accompagner cette évolution avec confiance pour
aider chaque peuple à construire son avenir. Poursuivant, il a déploré
que pendant ce temps, en Libye, « hélas, la volonté populaire est foulée
au pied par le régime de Kadhafi ». Après avoir rappelé les mesures
prises par la communauté internationale pour ramener à la raison ce
régime, il a constaté qu’elles n’avaient pas été suffisantes, les
violences n’ayant fait que redoubler. « La situation sur place est plus
alarmante que jamais, marquée par la reconquête violente des villes qui
avaient été libérées », a souligné M. Juppé, qui a estimé que le Conseil
de sécurité ne pouvait pas laisser faire « les fauteurs de guerre et
laisser bafouer la morale et la légalité internationale ». Commentant la
résolution présentée par son pays et le Royaume-Uni, il a affirmé
qu’elle donnait les moyens de protéger la population civile. « Outre
l’instauration de la zone d’exclusion aérienne, la résolution appelle
tous les États à protéger les civils, elle renforce les sanctions déjà
adoptées, notamment l’embargo sur les armes et le gel des avoirs du clan
Kadhafi et de ses affidés ». Avant de conclure, M. Juppé a estimé
qu’adopter cette résolution serait l’honneur du Conseil de sécurité qui,
ce faisant, ferait prévaloir la loi sur la force. « C’est une question
de jours, c’est peut-être une question d’heures. Chaque jour, chaque
heure qui passe, resserre l’étau des forces de la répression autour des
populations civiles éprises de liberté, et notamment de la population de
Benghazi », a-t-il martelé. « Chaque jour, chaque heure qui passe,
alourdit le poids de la responsabilité qui pèse sur nos épaules »,
a-t-il encore déclaré.