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Suite 2
Ukraine : Responsabilité écrasante de l’ONU et de la France en particulier
26 avril 2022
Outre la Russie et la Chine les abstentionnistes et non des moindres
(Inde, Brésil, Allemagne) pouvaient avoir quelques doutes sur les
intentions réelles des défenseurs de la population de Benghazi. En
témoigne l’intervention du délégué russe qui suit :
Vitaly Tchourkine (Fédération de Russie) a indiqué que son pays
s’était abstenu lors du vote « pour des raisons de principe ». Il a
ainsi déploré que le travail sur le document n’ait pas été conforme à la
pratique du Conseil de sécurité. M. Tchourkine a notamment indiqué que
son pays n’avait pas obtenu de réponses sur les moyens permettant de
mettre en place le régime d’exclusion aérienne. « Non seulement, nous
n’avons obtenu de réponses à nos questions aux cours des délibérations,
mais nous avons aussi vu passer sous nos yeux un texte dont le libellé
n’a cessé de changer, suggérant même par endroit la possibilité d’une
intervention militaire d’envergure », a-t-il expliqué. « La voie la plus
rapide pour assurer la sécurité du peuple libyen est l’instauration d’un
cessez-le-feu immédiat, ce que, précisément, souhaitait obtenir mon
pays par le biais d’un projet de résolution présenté hier », a souligné
M. Tchourkine.
En pratique les armées de l’OTAN vont outrepasser la mission que leur
a été confiée par l’ONU et en six mois de bombardement intense détruire
toute l’armée libyenne et à sa suite l’État libyen lui-même,
parachevant leur action par l’assassinat du chef de l’État.
Le cas ukrainien tel qu’il est posé depuis 2014 après le coup d’État
et la révolte des deux provinces de l’Est relève lui aussi du Chapitre
VII de la Charte. Il s’agit en effet de protéger une population menacée
par le gouvernement et les troupes de son propre pays. L’ONU va dans ce
cas déléguer sa responsabilité permettant aux États-Unis de se mettre
officiellement en retrait. L’ONU le fait en acceptant et en validant les
accords de Minsk entre les deux parties au conflit qui prévoient de le
régler par la négociation sous la supervision de la France et de
l’Allemagne. Sous le titre général « accords de Minsk » nous rassemblons
le protocole de Minsk dit aussi Minsk 1, l’accord de Minsk dit aussi
Minsk 2 et aussi les réunions au format « Normandie » qui associaient la
Russie aux discussions. Il a été très vite évident que le gouvernement
de Kiev mis en place par un coup d’État orchestré par les États-Unis
n’avait aucunement l’intention de respecter ces accords dans leur
différentes moutures bine qu’il les ait toutes signées
Sur le terrain la seule application des accords se résumait à la
définition d’une ligne de démarcation, à organiser à intervalle régulier
des cesser le feu toujours violés et par la présence d’observateurs de
l’OSCE qui se sont bornés à constater que le conflit avait pris une
forme militaire et se poursuivait. Ainsi l’ONU sur la base des leurs
observations a pu reconnaitre sans émotion particulière que 14 000
habitants du Donbass avaient péri du fait du conflit entre 2014 et 2021.
Jamais la partie politique des accords à savoir la possibilité
institutionnelle de faire vivre les deux républiques au sein de la
république ukrainienne apaisée ne sera abordée.
La responsabilité de la France que ce soit sous la présidence de
Hollande ou sous celle de Macron est écrasante. En effet, puissance
garante des accords de Minsk et membre permanent du Conseil de sécurité,
son devoir était de demander des sanctions contre le gouvernement
ukrainien qui continuait à tuer par milliers des citoyens de son propre
pays. L’Allemagne n’a pas fait mieux impliquée qu’elle était dans le
coup d’État de 2014 dont certains acteurs importants étaient financés
par la fondation Adenauer (fondation de la CDU de Mme Merkel).
En 2019 l’élection de Zelenski a fait croire qu’enfin le moment de la
négociation était venu. Mais ce n’était que le premier acte du
mélodrame sordide pour lequel ce comédien sans vertu avait été embauché.
L’illusion ne dura pas au-delà de la campagne électorale. L’acte 2
commença aussitôt avec la reprise ou la poursuite des actions militaires
de l’armée ukrainienne et de ses éléments les plus fascisants contre le
Donbass. Entretemps le Donbass avait organisé sa résistance militaire
pour éviter l’invasion.