@microf
Suite 2 et fin.
Á l´attention de @Bernard Grua.
Étant ici dans ce Forum pour
débattre et non pour nous battre comme les Ukrainiens et les Russes,
les articles que je vous envois ou que je mets en ligne sont pour la
diversification de l´information pour vous et pour ceux qui visitent ce
Forum.
C´est bien d´entendre d´autres sons de cloches, et de se faire son opinion.
C’est la guerre – et l’escalade est à venir
26 avril 2022
par Alastair Crooke.
La guerre, c’est la guerre, et cette guerre va s’intensifier.
Voici donc le grand programme révisé : La Russie survit à la guerre
financière parce que l’UE continue d’acheter du gaz et de l’énergie à la
Russie. L’UE – et plus particulièrement l’Allemagne – finance la
« guerre grotesque non provoquée » de Poutine, dit le mème. Pas un euro
ne doit parvenir à Poutine ».
Ne s’agit-il pas simplement d’une évolution des objectifs de
l’Occident en février ? Non. Car la stratégie du « boycott de l’énergie
russe » ne consiste pas à laisser à la « guerre du Trésor » le temps de
porter ses fruits, mais plutôt à « tirer le rideau sur l’Europe », bien
sûr, et sur l’Allemagne en particulier. Et bientôt.
L’Europe n’a aucun moyen de remplacer l’énergie russe par d’autres
sources dans les années à venir. Mais les dirigeants européens, consumés
par une frénésie d’indignation face à un flot d’images d’atrocités en
provenance d’Ukraine – et par le sentiment que le « monde libéral » doit
à tout prix éviter une perte dans le conflit ukrainien – semblent prêts
à aller jusqu’au bout. L’interdiction de l’énergie pourrait survenir
assez rapidement.
Mais voilà le hic : les États-Unis voient bien que leur « guerre »
d’usure est un échec. L’armée ukrainienne est encerclée et sera bientôt
éliminée (d’une manière ou d’une autre).
Ainsi, la question n’est plus de savoir si la guerre d’attrition peut
donner aux sanctions plus de temps pour mordre sur la population russe.
La guerre du Trésor échoue également (pour des raisons complexes liées
au fait que la Banque de Russie lie le rouble à l’or et le rouble à
l’énergie).
Là encore, ce sont les conséquences économiques/financières qui
changent la donne. L’inflation monte en flèche en Europe, et va encore
augmenter. Et le sentiment public est en train de changer
: « Selon un sondage, le soutien de l’opinion publique aux sanctions
contre la Russie diminue à mesure que la crise du coût de la vie
commence à se faire sentir. La proportion de l’opinion publique qui
accepterait une hausse des prix du carburant en conséquence de sanctions
occidentales sévères contre la Russie a chuté de 14 points en un mois,
passant de 50% en mars à 36% cette semaine ».
Les délais ne correspondent plus : Les euro-sanctions ont
(théoriquement) besoin de plus de temps pour faire effet. Or, l’Occident
n’a pas le temps. C’est l’inflation qui mord « maintenant » (et qui
retourne le sentiment européen contre le projet ukrainien). La dernière
chose que souhaite l’establishment européen est un « printemps
européen » (en contrepoint du printemps arabe).
L’Occident est confronté à un choix difficile : Le soutien de
l’opinion publique au projet ukrainien est peut-être en train de
s’estomper, au moment même où les réalités sur le terrain montrent que
« l’ordre libéral européen » ne sera pas sauvé de la désintégration –
par l’Ukraine.
Pourtant, on a fait croire à l’opinion publique que sans une victoire
de l’Ukraine européenne, sans la défaite et l’humiliation totales de la
Russie, le monde libéral ne pourra pas survivre. Ainsi, nous entendons
du bout des lèvres
du Haut Représentant de l’UE, M. Borrell, que l’Ukraine ne peut être
résolue que par des moyens militaires. Ce qu’il veut peut-être dire,
c’est que l’Occident doit être maximaliste, avant que l’inflation ne
ruine le plan. L’escalade, ou l’échec existentiel.
source : Al-Mayadeen
traduction Réseau International