Il vaudrait mieux utiliser le terme de « dame blanche »,
nom donné à des mythes ou à
des apparitions de natures diverses. Il peut s’agir soit d’entités surnaturelles tenant les rôles
de fées,
de sorcières,
de lavandières de nuit ou d’annonciatrices de
mort prochaine, soit de fantômes de femmes décédées lorsqu’il s’agit de spectres hantant
des châteaux ou d’auto-stoppeuses fantômes.
Dans le folklore ancien, ces fées étaient à la reine Guenièvre de la légende arthurienne et à la fée Mélusine, elles-mêmes héritières de la tradition
païenne polythéiste dans laquelle la déesse mère tenait une place importante.
Elles habitaient landes et forêts la
nuit et s’attaquent parfois aux rares passants1. Pour
le jésuite Martín Antonio Delrío : « Il y a une sorte de spectres peu dangereux qui
apparaissent en femmes toutes blanches dans les bois et dans les
prairies ; parfois on les voit dans les écuries, tenant des chandelles
allumées dont elles laissent tomber des gouttes sur le toupet et les crins des
chevaux, qu’elles peignent et qu’elle tressent ensuite fort proprement. »
Elles sont encore célébrées dans de nombreux lieux dans
les Pyrénées et au Canada, notamment des grottes, anciens
habitats préhistoriques, comme celle de Massabielle à Lourdes avant
les visions de Bernadette Soubirous.
Dans le légendaire pyrénéen,
on trouve des dames blanches, assimilables à des personnes de sang royal ou
princier (ou à leurs spectres), qui jouent un rôle protecteur. C’est le cas
en Andorre,
où une dame blanche apparaissait près de la cascade d’Auvinyà. Elle habitait
une tour voisine et est apparue à plusieurs reprises pour défendre le
territoire andorran contre les visées d’un évêque d’Urgel, puis contre les
attaques d’un loup monstrueux qui n’était autre que cet évêque métamorphosé.