« La conclusion que nous
partagerons bientôt tous est celle qu’il FAUT donc se séparer du
capitalisme. »
Oui ! Oui mais, étant lecteur de Marx, je
ne suis pas sûr que cette idée, qui a déjà en gros 200 ans, ait
un sens. Je ne sais pas !
Cela me donne la vision naïve d’un banc de poissons
réunis en assemblée débattant sur la pollution croissante de l’eau
de mer et disant « il faudra bien un jour se séparer du
système aquatique marin ». sauf que qu’un poisson sans
son milieu marin polluable n’est plus un poisson et le milieu marin
n’est pas un « système » ! ni un système
« aquatiste » ! ou « mariniste » !
Attention,
les « -ismes » rendent con !
Même problème pour les humains
socialisés nés, formatés et baignant dans le milieu techno-social
toxique de la valeur d’échange. Sans ce milieu, y a plus d’humain !
Et ce milieu n’est pas un système !
De même que le poisson
ne voit pas l’eau dans laquelle il baigne ,
l’humain ne voit
pas l’immanence techno-sociale économique aliénante dans laquelle il
baigne !
Et qui n’est pas un système ! Un système
qu’on pourrait remplacer par un autre ! Puisque l’humain, comme
le poisson, produit son milieu autant qu’il est le produit de son
milieu sans le savoir.
L’erreur vient du bug mental inhérent
à la pensée abstraite humaine du sens commun par défaut qui
« prend les mots pour des choses », les représentations
abstraites pour des réalités, ici « le capitalisme »,
« le système capitaliste », pour une chose posée là,
un objet tiers optionnel qu’on pourrait observer, modifier de
l’extérieur en « système socialiste » ou autre.
On
pourrait illusoirement être pour ou contre ! Pro-capitaliste ou
anti-capitaliste ! Comme des poissons qui seraient
anti-océanisme ! C’est juste dingue ! Juste du « gauchisme ».
Mais non !
Çà ne marche pas ! Le capital, logique immanente de la valeur
d’échange, c’est d’abord une relation intersubjective, une relation
sociale, une structure mentale, pas une machine ! On en change
pas le logiciel système par une simple mise à jour. Personne n’en a
la clef, le brevet, la licence ! C’est un auto-mouvement
automate impersonnel.
Il s’ensuit que vouloir « sortir » du
capitalisme comme on sort d’un supermarché, c’est toujours le
reproduire ailleurs et autrement.
Donc voilà. Le problème est ardu !
Si on ne part pas de là, on en dit n’importe quoi ! Juste des
mots.