Un programme de droite décomplexée, notamment sur l’immigration
Ce
programme a été élaboré par les chefs des trois partis avant les
élections, afin que les électeurs puissent juger sur pièce et non pas
découvrir, comme trop souvent en Italie, des alliances de coin de table,
parfois un peu baroques, faites après coup dans le dos des électeurs
italiens. Ces alliances post-électorales allaient à l’encontre d’une
ligne politique claire et des partis minoritaires finissaient par
gouverner. Comment mieux alimenter la défiance des Italiens envers leurs
institutions ? L’abstention record de 36 % s’explique aussi comme cela.
Sur le plan international, « la politique étrangère sera centrée sur la protection de l’intérêt national et la défense de la patrie »,
promet le programme de la coalition de droite. Le plein respect des
engagements de l’OTAN dans le conflit ukrainien est défendu, mais aussi « toute initiative diplomatique vouée à la résolution du conflit ».
Plusieurs
fois, la défense de l’intérêt national dans les dossiers européens est
mentionnée, notamment sur la transition énergétique, mais aussi la
promotion de la centralité de l’Italie dans la zone méditerranéenne.
Enfin, « la défense et la promotion des racines et identités historiques et culturelles classiques et judéo-chrétiennes de l’Europe » font partie intégrante du programme commun.
Sur
le dossier épineux de l’utilisation des fonds européens du Plan de
relance, Meloni et ses alliés promettent la modernisation des
infrastructures et le lancement des grands travaux, notamment le pont du
détroit de Messine reliant la Sicile au continent.
Sur
le plan institutionnel, Giorgia Meloni entend réformer la Constitution
pour évoluer vers un régime semi-présidentiel « à la française ».
Objectif : conjurer cette instabilité politique chronique. Réforme de la
Justice, réforme gigantesque de l’administration – moins de règles,
plus d’efficacité – sont encore au menu. Une réforme fiscale est
également au programme avec un mot d’ordre adressé aux entreprises : «
Plus tu embauches, moins tu paies de taxes. » L’allégement fiscal, y
compris pour les ménages, est pour le prochain gouvernement une
priorité.
En
2050, selon les projections démographiques, près de 8 millions
d’Italiens auront disparu. La coalition veut s’impliquer fortement dans
une politique familiale, qui n’a presque jamais été une priorité pour
les gouvernements italiens : politiques fiscales et création
d’infrastructures en faveur des familles, allocations familiales,
facilitation pour l’accès à la propriété des jeunes couples. Il s’agit
de créer une mentalité « pro-famille » dans les politiques publiques.
Une vision de long terme…
Enfin,
sur le sujet de l’immigration, les décrets « sécurité et immigration »
pris par Matteo Salvini lorsqu’il était ministre de l’Intérieur seront
rétablis et les effectifs des forces de l’ordre augmentés. Les ambitions
sont claires : «
Défense des frontières nationales et européennes comme l’exige l’UE
avec le nouveau pacte pour la migration et l’asile, avec contrôle aux
frontières et blocage des débarquements », « stopper, en accord avec les autorités d’Afrique du Nord, la traite des êtres humains ». La coalition veut surtout la « création de hotspots dans les territoires extra-européens gérés par l’Union européenne pour évaluer les demandes d’asile », ce qui revient à étudier hors des frontières les demandes d’immigration, « la lutte contre la mafia et le terrorisme » et des « accords avec des pays étrangers pour que les prisonniers étrangers purgent leur peine dans leur pays d’origine ».
Du
bon sens, un programme de réformes indispensables, cette droite
classique mais qui s’assume annonce une véritable révolution !"