@microf
Suite du Discours du Président Vladimir Poutine á Munich en 2007 il ya 15 ans.
Quel en est le résultat ?
Les actions unilatérales, souvent illégitimes, n’ont réglé aucun
problème. Bien plus, elles ont entraîné de nouvelles tragédies humaines
et de nouveaux foyers de tension. Jugez par vous-mêmes : les guerres,
les conflits locaux et régionaux n’ont pas diminué. Monsieur Teltschik
l’a mentionné d’une manière très délicate. Les victimes de ces conflits
ne sont pas moins nombreuses, au contraire, elles sont bien plus
nombreuses qu’auparavant.
Nous sommes en présence de l’emploi hypertrophié, sans aucune
entrave, de la force – militaire – dans les affaires internationales,
qui plonge le monde dans un abîme de conflits successifs. Par
conséquent, aucun des conflits ne peut être réglé dans son ensemble. Et
leur règlement politique devient également impossible.
Nous sommes témoins d’un mépris de plus en plus grand des principes
fondamentaux du droit international. Bien plus, certaines normes et, en
fait, presque tout le système du droit d’un seul Etat, avant tout, bien
entendu, des États-Unis, a débordé de ses frontières nationales dans
tous les domaines : dans l’économie, la politique et dans la sphère
humanitaire, et est imposé à d’autres États. À qui cela peut-il
convenir ?
Dans les affaires internationales, on se heurte de plus en plus
souvent au désir de régler tel ou tel problème en s’inspirant de ce
qu’on appelle l’opportunité politique, fondée sur la conjoncture
politique.
Évidemment, cela est très dangereux, personne ne se sent plus en
sécurité, je tiens à le souligner, parce que personne ne peut plus
trouver refuge derrière le droit international. Évidemment, cette
politique est le catalyseur de la course aux armements.
La domination du facteur force alimente inévitablement l’aspiration
de certains pays à détenir des armes de destruction massive. Qui plus
est, on a vu apparaître des menaces foncièrement nouvelles qui étaient
connues auparavant, mais qui acquièrent aujourd’hui un caractère global,
par exemple, le terrorisme.
Je suis certain qu’en ce moment crucial il faut repenser sérieusement
l’architecture globale de la sécurité. Il faut rechercher un équilibre
raisonnable des intérêts de tous les acteurs du dialogue international.
D’autant plus que le « paysage international » change très rapidement et
substantiellement en raison du développement dynamique de toute une
série d’États et de régions.
Mme la chancelière fédérale l’a déjà mentionné. Ainsi, le PIB commun
de l’Inde et de la Chine en parité de pouvoir d’achat dépasse déjà celui
des États-Unis. Le PIB des États du groupe BRIC – Brésil, Russie, Inde
et Chine – évalué selon le même principe dépasse le PIB de l’Union
européenne tout entière. Selon les experts, ce fossé va s’élargir dans
un avenir prévisible.
Il ne fait pas de doute que le
potentiel économique des nouveaux centres de la croissance mondiale sera
inévitablement converti en influence politique, et la multipolarité se
renforcera.
Le rôle de la diplomatie multilatérale s’accroît considérablement
dans ce contexte. L’ouverture, la transparence et la prévisibilité en
politique n’ont pas d’alternative raisonnable et l’emploi de la force
doit effectivement être une ultime mesure, de même que la peine de mort
dans les systèmes judiciaires de certains États.
Aujourd’hui, au contraire, nous observons une situation où des pays
dans lesquels la peine de mort est interdite même à l’égard des
assassins et d’autres dangereux criminels participent allègrement à des
opérations militaires qu’il est difficile de considérer comme légitimes
et qui provoquent la mort de centaines, voire de milliers de civils !
Une question se pose en même temps : devons-nous rester impassibles
face à divers conflits intérieurs dans certains pays, aux actions des
régimes autoritaires, des tyrans, à la prolifération des armes de
destructions massive ? C’est le fond de la question posée à la
chancelière fédérale par Monsieur Lieberman, notre vénérable collègue.
Ai-je bien compris votre question (dit-il en s’adressant à Joseph
Lieberman) ? Bien entendu, c’est une question importante ! Pouvons-nous
assister impassiblement à ce qui se produit ? J’essaierai de répondre à
votre question. Bien entendu, nous ne devons pas rester impassibles.
Bien sûr que non.