@microf
3. Suite du Discours du Président Vladimir Poutine á Munich en 2007 il 15 ans.
Mais avons-nous les moyens de faire face à ces menaces ? Oui, nous
les avons. Il suffit de se rappeler l’histoire récente. Le passage à la
démocratie n’a-t-il pas été pacifique dans notre pays ? Le régime
soviétique a subi une transformation pacifique, malgré la grande
quantité d’armes, y compris nucléaires, dont il disposait ! Pourquoi
donc faut-il bombarder et pilonner aujourd’hui à tout bout de champ ?
Manquerions-nous de culture politique, de respect pour les valeurs
démocratiques et le droit, en l’absence d’une menace d’extermination
réciproque ?
Je suis certain que la Charte des Nations unies est l’unique
mécanisme d’adoption de décisions sur l’emploi de la force en tant que
dernier recours. Dans cet ordre d’idées, ou bien je n’ai pas compris ce
qui vient d’être déclaré par notre collègue ministre italien de la
Défense, ou bien il ne s’est pas exprimé clairement. En tout cas, j’ai
entendu ce qui suit : l’usage de la force ne peut être légitime que si
cette décision a été prise par l’OTAN, l’Union européenne ou l’ONU. S’il
l’estime effectivement, alors nos points de vue sont différents. Ou
bien j’ai mal entendu. L’usage de la force n’est légitime que sur la
base d’un mandat des Nations unies. Il ne faut pas substituer l’OTAN et
l’Union européenne à l’Organisation des Nations unies. Lorsque l’ONU
réunira réellement les forces de la communauté internationale qui
pourront réagir efficacement aux événements dans certains pays, lorsque
nous nous débarrasserons du mépris du droit international, la situation
pourra changer. Sinon, elle restera dans l’impasse et les lourdes
erreurs se multiplieront. Il faut oeuvrer pour que le droit
international soit universel aussi bien dans sa compréhension que dans
l’application de ses normes.
Il ne faut pas oublier qu’en politique, le mode d’action démocratique
suppose nécessairement une discussion et une élaboration minutieuse des
décisions.
Mesdames et messieurs !
Le risque potentiel de déstabilisation des relations internationales
tient également à l’absence évidente de progrès dans le domaine du
désarmement.
La Russie se prononce pour la reprise du dialogue à ce sujet. Il est
très important d’appliquer les normes juridiques internationales en
matière de désarmement, tout en poursuivant la réduction des armements
nucléaires.
Nous avons convenu avec les États-Unis de ramener nos charges
nucléaires équipant les vecteurs stratégiques à 1700 – 2 200 unités
d’ici au 31 décembre 2012. La Russie a l’intention de respecter
strictement ses engagements. Nous espérons que nos partenaires agiront
en toute transparence, eux aussi, et ne garderont pas sous le coude
quelques centaines de charges nucléaires pour les « mauvais jours ».
Donc, si le nouveau ministre états-unien de la Défense annonce que les
Etats-Unis se garderont de mettre leurs charges excédentaires en stock,
ni de les dissimuler « sous un coussin » ou « sous une couverture », je
vous demanderai de vous lever pour applaudir ses paroles. Ce serait une
déclaration très importante.
La Russie respecte strictement le Traité sur la non-prolifération des
armes nucléaires et le régime multilatéral de contrôle de la
technologie des missiles, et elle a l’intention de les respecter à
l’avenir également. Les principes à la base de ces documents revêtent un
caractère universel. À cette occasion, je tiens à rappeler que dans les
années 1980, l’URSS et les États-Unis ont signé un Traité sur
l’élimination des missiles à moyenne et plus courte portée sans
toutefois conférer de caractère universel à ce document.
À l’heure actuelle, toute une série de pays possèdent des missiles de
cette classe : la République populaire démocratique de Corée, la
République de Corée, l’Inde, l’Iran, le Pakistan, l’État d’Israël. De
nombreux autres pays sont en train de concevoir ces systèmes et
envisagent d’en doter leurs forces armées. Or, seuls les États-Unis
d’Amérique et la Russie restent fidèles à leur engagement de ne pas
construire ces armes.