@microf
4-Suite du Discours du Président Vladimir Poutine á Munich en 2007 il 15 ans.
Il est clair que dans ces conditions nous sommes obligés de veiller à assurer notre sécurité.
En même temps, il faut empêcher l’apparition de nouveaux types
d’armes de pointe susceptibles de déstabiliser la situation. Je ne parle
pas des mesures visant à prévenir la confrontation dans de nouveaux
milieux, surtout dans l’espace. On sait que les « guerres des étoles »
ne relèvent plus de la fiction, mais de la réalité. Dès le milieu des
années 1980, nos partenaires états-uniens ont réussi à intercepter un de
leurs satellites.
Selon la Russie, la militarisation de l’espace est susceptible
d’avoir des conséquences imprévisibles pour la communauté mondiale,
conséquences qui ne seraient pas moins graves que l’avènement de l’ère
nucléaire. C’est pour cela que nous avons maintes fois lancé des
initiatives visant à prévenir le déploiement d’armes dans l’espace.
Aujourd’hui, je tiens à vous dire que nous avons préparé un projet de
Traité sur le non-déploiement d’armes dans l’espace. D’ici peu, nous
l’enverrons à nos partenaires en qualité de proposition officielle. Je
propose de travailler ensemble sur ce document.
En ce qui concerne les projets prévoyant le déploiement en Europe
d’éléments du système de défense antimissiles, ils ne manquent pas non
plus de nous inquiéter. Qui a besoin d’une nouvelle relance – inévitable
en l’occurrence – de la course aux armements ? Je doute fort que ce
soient les Européens.
Aucun des pays dits « à problèmes » ne possède de missiles ayant une
portée de l’ordre de 5 000 à 8 000 kilomètres et susceptibles de menacer
l’Europe. Mieux, dans un avenir prévisible, leur apparition dans ces
pays n’est pas envisageable. Je dirais même plus : une tentative de
lancer un missile nord-coréen, par exemple, vers les États-Unis via
l’Europe serait contraire aux lois de la balistique.
Profitant de mon séjour en Allemagne, je tiens à évoquer la crise que
traverse le Traité sur les forces armées conventionnelles en Europe.
Signé en 1999, ce Traité était adapté à une nouvelle réalité
géopolitique : le démantèlement du bloc de Varsovie. Sept ans se sont
écoulés depuis, mais il n’a été ratifié que par quatre pays, dont la
Fédération de Russie.
Les pays de l’OTAN ont ouvertement déclaré qu’ils ne ratifieraient
pas le Traité, dont les dispositions relatives aux limitations dans la
zone des « flancs » (déploiement sur les « flancs » d’un certain nombre
de forces armées) tant que la Russie ne procéderait pas au retrait de
ses bases de la Géorgie et de la Moldavie. Le retrait de nos troupes de
la Géorgie est en cours et ce, à un rythme accéléré. Tout le monde sait
que nous avons déjà réglé ces problèmes avec nos collègues géorgiens.
Quant à la Moldavie, on y trouve pour le moment une formation de 1 500
militaires chargés de maintenir la paix et de protéger les entrepôts de
munitions qui y subsistent depuis l’époque soviétique. Nous discutons en
permanence de cette question avec Monsieur Solana : il connaît bien
notre position. Nous sommes prêts à aller plus loin dans cette
direction.
Mais que se passe-t-il pendant ce temps-là ? Eh bien, on voit
apparaître en Bulgarie et en Roumanie des « bases états-uniennes légères
avancées » de 5 000 militaires chacune. Il se trouve que l’OTAN
rapproche ses forces avancées de nos frontières, tandis que nous – qui
respectons strictement le Traité – ne réagissons pas à ces démarches.
Il est évident, je pense, que l’élargissement de l’OTAN n’a rien à
voir avec la modernisation de l’alliance, ni avec la sécurité en Europe.
Au contraire, c’est un facteur représentant une provocation sérieuse et
abaissant le niveau de la confiance mutuelle. Nous sommes légitimement
en droit de demander ouvertement contre qui cet élargissement est opéré.
Que sont devenues les assurances données par nos partenaires
occidentaux après la dissolution du Pacte de Varsovie ? Où sont ces
assurances ? On l’a oublié.
Néanmoins, je me permettrai de rappeler aux personnes présentes dans
cette salle ce qui a été dit. Je tiens à citer des paroles tirées du
discours de M. Werner, alors Secrétaire général de l’OTAN, prononcé à
Bruxelles le 17 mai 1990 : « Que nous soyons prêts à ne pas déployer les
troupes de l’OTAN à l’extérieur du territoire de la RFA, cela donne à
l’Union soviétique des garanties sûres de sécurité ». Où sont
aujourd’hui ces garanties ?