@microf
8-Suite et fin du Discours du Président Vladimir Poutine á Munich en 2007 il 15 ans.
Continuons. Comme vous le savez, le processus d’adhésion de la Russie
à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) est entré dans sa phase
finale. Je rappellerai qu’au cours des négociations longues et
difficiles, nous avons plus d’une fois entendu des paroles sur la
liberté d’expression, la liberté de commerce et des possibilités égales,
mais seulement quand il s’agissait du marché russe.
Et encore un thème très important qui influe directement sur la
sécurité globale. On parle beaucoup aujourd’hui de la lutte contre la
pauvreté. Mais qu’est-ce qui se produit en réalité ? D’une part, des
ressources financières – et souvent importantes – sont allouées à des
programmes d’assistance aux pays les plus pauvres. Quoi qu’il en soit,
et beaucoup le savent ici également, il n’est pas rare que les
compagnies des pays donateurs eux-mêmes « les utilisent ». D’autre part,
l’agriculture dans les pays industrialisés est toujours subventionnée,
alors que l’accès des hautes technologies est limité pour d’autres.
Appelons donc les choses par leurs noms : il s’avère qu’une main
distribue les « aides caritatives », alors que l’autre entretient
l’arriération économique, mais récolte aussi des bénéfices. La tension
sociale surgissant dans de telles régions dépressives se traduit
inévitablement par la croissance du radicalisme et de l’extrémisme, tout
en alimentant le terrorisme et les conflits locaux. Et si tout cela se
produit de surcroît, par exemple, au Proche-Orient dans le contexte
d’une vision aggravée du monde extérieur, en tant que monde injuste, une
déstabilisation globale risque de se produire.
Il va sans dire que les principales puissances mondiales doivent voir
cette menace et organiser, par conséquent, un système plus démocratique
et plus équitable de rapports économiques qui donne à tous une chance
et une possibilité de développement.
Intervenant à une conférence sur la sécurité, on ne peut pas, non
plus, Mesdames et Messieurs, passer sous silence l’activité de
l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
L’OSCE a été créée pour examiner tous les aspects, je tiens à le
souligner, tous les aspects de la sécurité, qu’il s’agisse des aspects
politico-militaires, économiques ou humanitaires et ce, dans leurs
rapports réciproques.
Mais que voyons-nous aujourd’hui en réalité ? Nous voyons que cet
équilibre est manifestement perturbé. On essaie de transformer l’OSCE en
instrument vulgaire au service des intérêts politiques extérieurs d’un
seul pays ou d’un groupe de pays à l’égard d’autres États. Et c’est pour
cette tâche, que l’on a aussi « monté de toutes pièces » l’appareil
bureaucratique de l’OSCE qui n’est nullement lié aux États fondateurs.
On a « monté de toutes pièces » pour cette tâche également les
procédures d’adoption des décisions et d’utilisation des fameuses
« organisations non gouvernementales (ONG) ». Formellement, il s’agit
effectivement d’organisations indépendantes, mais financées
rationnellement et, par conséquent, contrôlées.
Conformément aux documents fondateurs, dans la sphère humanitaire,
l’OSCE est appelée à accorder aux pays membres, à leur demande, un
concours en matière de respect des normes internationales dans le
domaine des droits de l’homme. C’est une importante mission. Nous la
soutenons. Mais cela ne signifie pas qu’on peut s’ingérer dans les
affaires intérieures d’autres pays et encore moins tenter de leur dicter
la manière dont ils doivent vivre et se développer.
Il est parfaitement évident qu’une telle ingérence ne contribue pas
du tout à la maturation d’Etats authentiquement démocratiques. Par
contre, elle les rend dépendants, avec comme conséquence l’instabilité
sur les plans économique et politique.
Nous espérons que l’OSCE se guidera sur ses tâches immédiates et
organisera ses relations avec des États souverains sur la base du
respect, de la confiance et de la transparence.
Mesdames, Messieurs !
En conclusion, je voudrais retenir ceci. Nous entendons très souvent –
et je les entends personnellement – les appels de nos partenaires, y
compris nos partenaires européens, exhortant la Russie à jouer un rôle
de plus en plus actif dans les affaires internationales.
Je me permettrai à cette occasion une petite remarque. Nous n’avons
pas besoin d’être éperonnés ou stimulés. La Russie a une histoire
millénaire, et pratiquement elle a toujours eu le privilège de pratiquer
une politique extérieure indépendante.
Nous n’avons pas l’intention aujourd’hui non plus de faillir à cette
tradition. En même temps, nous voyons que le monde a changé et nous
évaluons avec réalisme nos propres possibilités et notre propre
potentiel. Et évidemment nous voudrions aussi avoir affaire à des
partenaires sérieux et tout aussi indépendants avec lesquels nous
pourrions travailler à l’édification d’un monde plus démocratique et
plus équitable, tout en y garantissant la sécurité et la prospérité non
seulement des élites, mais de tous.
Je vous remercie de votre attention.
Vladimir V. Putin