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Source : https://www.elclarin.cl
Du Qatargate au Marruecogate : le cœur de la corruption s’insinue dans l’Union européenne
Dans le scandale du Qatargate qui secoue Bruxelles depuis la fin de
l’année dernière, l’ombre du Maroc s’impose. Pier Antonio Panzeri, déjà
protagoniste du Qatargate, aurait également servi de médiateur pour
Rabat et reçu de l’argent et des cadeaux de la part des Marocains. Les
principaux suspects sont Eva Kaili, députée grecque du Mouvement
socialiste panhellénique, et Francesco Giorgi, un autre Italien impliqué
dans l’affaire.
Depuis le début des investigations, les autorités belges ont procédé à
une série de perquisitions et d’arrestations qui ont déjà permis de
saisir plus d’un million d’euros. Plusieurs perquisitions ont eu lieu
dans les locaux du Parlement européen à Bruxelles et à Strasbourg, où
les enquêteurs ont mis la main sur du matériel informatique et de
l’argent liquide.
Les autorités belges disposent d’enregistrements de Panzeri et de sa
famille qui témoignent de cette relation avec le Maroc. Dans l’une des
transcriptions, ils disent qu’ils devraient essayer de ne pas dépenser
100 000 euros pendant les vacances de Noël, comme ils l’ont fait l’année
dernière. Mais l’origine des doutes sur Panzeri ne remonte pas à
juillet 2022, date du début de l’enquête du parquet belge, mais plus tôt
: en 2021, les services secrets belges ont pénétré au domicile de
l’ancien député européen, estimant qu’il y avait un risque d’ingérence
étrangère dans laquelle il pourrait jouer un rôle. C’est à partir de ce
moment que la surveillance détaillée a commencé et qui a conduit à
l’ouverture de l’enquête par le parquet cet été.
Le Maroc a de nombreux intérêts à Bruxelles, comme en témoignent les
accords de pêche annulés par la justice européenne, la demande d’être un
partenaire préférentiel de l’UE en Afrique du Nord et la défense de ses
intérêts dans le dossier du Sahara occidental.
« C’est un commentaire assez banal de dire que pendant les sessions
plénières, l’ambassade marocaine a pratiquement un bureau permanent dans
le bar des députés européens. La question est de savoir quelles en sont
les conséquences. Depuis des années, les socialistes bloquent
systématiquement tout débat ou résolution en plénière à Strasbourg qui
critique ouvertement le Maroc ou dénonce la situation au Sahara
occupé », a expliqué Miguel Urbán, eurodéputé espagnol des
Anticapitalistas, sur les réseaux sociaux, faisant référence à une
plainte rendue publique par l’ancienne eurodéputée socialiste Ana Gomes.