@tchakpoum
Il faut voir dans quel contexte Orwell a conjecturé sa novlangue pour
entrevoir en quoi il s’est trompé. Orwell a passé quelques jours dans
la famille de sa tante ou d’un de ses oncles chez qui il y avait un
certain Eugène Lanti.
Ce mec avait plusieurs caractéristiques, en cela qu’il était
gauchiste et anti-tout : anti-national, anti-religieux, anti-patriarcal,
anti tout. Donc de toute façon la discussion avec Orwell ne s’est pas
bien passée, elle a laissé un goût amer.
Mais le problème c’est qu’elle a duré longtemps, car ce Lanti était
un intellectuel, il parlait l’espéranto. Et il a essayé de vendre
l’espéranto à Orwell, qui en tant qu’intellectuel aurait du apprécier.
Mais le Lanti était tellement con, qu’au contraire, cela a créé un
mouvement de rejet chez Orwell, chez qui toutes les caractéristiques de
l’espéranto sont apparues comme déplaisantes.
Et il en a truffé sa novlangue, du coup. Par exemple, le fait d’avoir un suffixe inversant, vient de l’espéranto : granda — grand, malgranda — petit, rapida — rapide, malrapida — lent, afabla — gentil, malafabla — méchant.
L’avantage du système de suffixes, c’est que cela permet de réduire
le nombre de racines dans le vocabulaire. Mais Orwell y a vu une
réduction de la capacité d’expression, alors que ce n’est absolument pas
le cas.
Tous les grands chef d’œuvre de la littérature mondiale ont été
traduits en espéranto. Certains formidablement bien, comme la petite
sirène d’Andersen ; ou le Baggavad gîta, qui contrairement à version
française est en vers comme l’original !
Même si cette dernière prouesse est plus due à la plastique de la langue qu’à sa capacité d’expression.
Pour revenir à ce qui nous intéresse, il faut voir que nous sommes
plus ici en prise avec la double-pensée, un « en même temps » macronnien,
qu’avec une hypothétique novlangue qui ne sert au final qu’à habiller un
discours.
Une opération de maintient de la paix, c’est du en même temps, un
plan de sauvegarde de l’emploi, c’est du en même temps. Avec
effectivement, et là je suis d’accord avec vous, une dilution sémantique
de la signification de certains mots, qui fait qu’au final ils ne
veulent plus rien dire du tout.