Le livre est aussi truffé d’anachronismes volontaires en tout genre, que ce soit dans les époques (le duc d’Auge appelle son époque « Moyen Âge ») ou les mots (le duc d’Auge parle de péniche et de mouchoirs, mots qui ne sont inventés que plus tard). De plus, l’orthographe utilisée dans le roman se révèle intentionnellement non standard : on y retrouve des graphies telles que campigne ou houature. Cependant, rien n’est laissé au hasard : on a ainsi, dès la première page des « Sarrasins de Corinthe... des Francs anciens... et des Alains regardant cinq Ossètes... ». Il y a un travail poétique sur la langue et une réflexion (comme dans tous les romans de Queneau) sur la dimension phonétique du langage et de la pensée, creusant dans la communication une donnée subversive.
Le titre Les Fleurs bleues se retrouve dans les derniers mots du livre. Outre cette première explication, on peut faire un parallèle entre l’époque médiévale du duc d’Auge et le monde mythique (également médiéval) du roman Henri d’Ofterdingen de l’auteur allemand Novalis, dans lequel fut inventée la notion d’amour « fleur bleue ». Ainsi cette référence renverrait au mythique Moyen Âge présent dans le livre à travers le duc.
En outre, la « fleur bleue » est le myosotis, qui dans le langage des fleurs renvoie à l’acte de mémoire : « ne m’oubliez pas » (forget-me-not en anglais) : la question centrale de l’œuvre est de se souvenir de ses rêves, et de prendre en compte, dans l’épaisseur de l’existence, d’un individu.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Fleurs_bleues
A bientôt.
Amitié.