Je pense que votre formulation par le biais des citations tronquées et
décontextualisées sera exploitée par des
gens malhonnêtes. Mais il est vrai qu’ ils ne vous ont pas attendu pour déjà le
faire un peu partout.
« Mathilde Panot
a raison de soutenir que le Hamas n’est pas une organisation terroriste, ce
gouvernement a été élu par la population, donc autant dire que la population
palestinienne est une population terroriste. »
Pour mémoire c’est Israël qui a mis le pied à
l’étrier au Hammas islamiste en le reconnaissant à l’époque comme interlocuteur
et en désigant l’OLP laïc d’Arafat comme terroriste. Avec des arrière-pensées pas difficiles à deviner. Ils ont joué avec
des allumettes et un bidon d’essence comme leurs amis américains par ailleurs. Israël a continué dans ce sens en
affaiblissant L’Autorité Palestinienne.
Toujours dans le même esprit.
Pour
la non participation à la minute de silence, cela peut se discuter mais sur le
fond, je pense que les responsables de LFI ont eu raison et que ce qu’ils
ont fait est difficile mais nécessaire.
Et courageux aussi. Et ils savaient bien qu’ils seraient l’objet de toutes
sortes de disqualifications également elles très révélatrices d’un
fonctionnement politique. D’abord il est complètement faux de dire qu’ils
n’ont pas eu de compassion pour les victimes et de condamnation
pour les moyens utilisés par le Hamas. Cela, pour ceux qui le font sciemment,
relève de la perversité. Il suffit d’être honnête et d’écouter attentivement
les propos tenus faciles à documenter. Mais ce n’est pas nouveau vis-à-vis du
mouvement LFI et de ceux qui sont régulièrement choisis comme têtes de turc. En
réalité que leur reproche-t-on, le plus souvent à tort, que n’ont pas fait
bien des hommes et femmes politiques qui ont été à l’occasion ciblés (ou pas) mais pas
avec un tel acharnement en fait. C’est une forme de lynchage continu. Comme une
exclusion du champ démocratique qui en dit long sur l’état de notre société. Ce
qui devrait faire réfléchir les abstentionnistes et ceux qui croient sincèrement
en la démocratie et les responsabilités qu’elle nous donne.
Combien
de fois cette dernière séquence politique sera instrumentalisée contre ce
mouvement ? Ce sera instructif de regarder de près le pedigree de
ceux qui le feront.
Nécessaire
justement pour empêcher que le recul historique indispensable pour comprendre
et apprécier les responsabilités et les engrenages qui conduisent à de tels
évènements soit escamoté ou minoré. Bien des dirigeants israéliens ont au moins
autant de sang sur les mains directement ou indirectement que les membres du
Hamas qui viennent de se comporter comme des bourreaux. On pourrait en dire
autant de bien des responsables politiques ayant joué un rôle à
l’international. Ces gens-là ont plus de responsabilité que le soldat qui porte
un fusil ou l’aviateur qui bombarde. Ce n’est pas rien de parler de crime de
guerre comme le fait LFI. C’est plus spécieux de vouloir noyer la réflexion en
brandissant l’excommunication par le terrorisme et le droit
international qui est brandi dans certaines circonstances et oublié dans d’autres.
C’est un peu ce qui vient de se passer au Sénat. C’est une injure à la mémoire
des victimes israéliennes et palestiennes et à tous ceux qui veulent la paix,
qui veulent qu’enfin nous travaillons à
mettre en place les conditions de la paix au moyen- orient et ailleurs.