J’ai lu l’article en totalité tant le récit est intéressant, et nouveau sur certains aspects comme l’imbrication du judaïsme et du christianisme aussi tardivement que jusqu’au 5è siècle voire au delà.
Le judaïsme était, à la fin de l’antiquité, bien plus prosélyte qu’à partir du moyen âge où il s’est replié en communautés fermées, et cela apparait dans des récits du nouveau testament, par exemple les pèlerins venus de régions lointaines lors de l’épisode de la pentecôte, ou encore les périples de Paul auprès des communautés juives autour de la méditerranée dans les ’’actes’’.
Le christianisme a effectivement été à l’origine une branche dissidente du judaïsme, mais les écrits de la fin du premier et du deuxième siècle montrent qu’il y avait déjà des instances distinctes de celles du judaïsme orthodoxe, des rites (baptême, ’’partage du pain’’ évoqué dans les lettres de Paul...), des textes théologiques qui donneront le nouveau testament (proto-évangile, lettres épiscopales...), et même différents courants dissidents.
Il est intéressant de relever dans l’article que le judaïsme a également évolué postérieurement à l’époque de Jésus, donc la divergence entre les deux branches religieuses s’est effectuée de part et d’autre.
Ce qu’il est sans doute difficile de savoir, c’est quelle était la proportion des deux courants (judaïsme orthodoxe et christianisme) à l’époque où Constantin a autorisé le christianisme, puis s’est converti et l’a promu dans l’empire.
PS : la motivation de l’article est limpide dans l’avant propos, celle de récuser la réalité historique d’un exil de masse après la destruction du temple, et par là le ’’récit national’’ sur lequel est basé Israël, mais c’est un autre sujet.