loi de 1905 suite
Cette résistance fut la brèche
dans laquelle s’engouffrèrent les
révolutionnaires de 1789. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen
d’août 1789, donne aux protestants et aux juifs la liberté de leur culte, les
catholiques gardant bien sûr la leur.
En
mars 1795 la Convention
proclame par décret que « la
République ne salarie aucun culte. »
Napoléon
Bonaparte renverse la situation, en 1801 après son coup d’Etat. Par un
concordat la religion catholique redevient religion d’Etat, les prêtres sont
des fonctionnaires salariés de l’Etat qui n’est plus la République. Et
surtout, les évêques, également salariés de l’Etat, sont choisis en fonction de
leurs opinions politiques, de leur allégeance, au lieu d’être choisis par
l’église catholique à partir de ses propres exigences. La religion catholique
est instrumentalisée par Napoléon.
Cependant,
le code civil, dit code Napoléon (1804) ne contient aucune référence
religieuse.
Lorsqu’en
1902, les radicaux soutenus par les socialistes menés par Jean Jaurès
obtiennent la majorité à l’Assemblée nationale, le concordat est toujours en vigueur. Emile Combes qui a formé le
nouveau gouvernement ne fait pas avancer la séparation des églises et de l’Etat, il garde le concordat, pour
conserver son pouvoir sur les évêques. Ainsi, il veut bien que l’Etat soit chez
lui, mais il ne veut pas que l’Eglise soit chez elle, pour reprendre la formule
de Victor Hugo
Revenons
aux évolutions passées en matière d’Etat laïque.
La
première constitution de la
France du 3 septembre 1791 expose dans son préambule :
«
Il n’y a plus ni noblesse, ni pairie, ni distinctions héréditaires, ni
distinctions d’ordres, (j’en passe), ni aucune autre supériorité que celle des
fonctionnaires publics dans l’exercice de leurs fonctions ».
La
déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui suit le préambule donne les
mêmes droits à chacun. C’est l’égalité qui fait partie de la laïcité, celle-ci
ne reconnaissant aucune supériorité d’un prétendu noble ou d’un chef religieux.
Peu
après Olympe de Gouges proclame la
« Déclaration des droits de la Femme » considérée inférieure à l’homme dans
les trois religions du Livre. Sa destinée était
de faire des enfants et de rester à la maison. Cela va changer.
La
séparation du droit civil, la loi des hommes, de la loi des religions
entraînera le droit encadré à l’avortement, la gratuité de la contraception
En
1792, les registres des mariages et des naissances sont remis aux communes et ne dépendent donc
plus des curés. C’est la création de l’tat civil. On introduit le divorce, que
l’Eglise catholique interdisait.
La
République est
proclamée le 22 septembre 1792.
C’est
la première séparation déclarée de
l’Eglise et de l’Etat.
Et
un grand pas vers l’égalité constitutionnelle, laïcité et égalité sont
inséparables, et ensemble permettent la fraternité entre individus égaux.
L’égalité est individuelle, seuls les
individus sont titulaires de droits, pas les groupes quels qu’ils soient.
Personne n’est ainsi laissé au bord du chemin.
Accorder
des droits particuliers à des groupes comme au Royaume Uni, romprait l’égalité entre les citoyens, qui, en
France ne sont nullement obligés de
s’inscrire dans des groupes. Pas de communautarisme en France.
La République laïque et sociale chère à Jean Jaurès fait du social un droit. Ce n’est pas la charité religieuse, rarement
désintéressée. L’Etat, les départements, les communes, les services publics, assurent le « social »
On
en arrive en 1795 à un texte qui sera
repris dans la loi de 1905. La constitution de l’an III dit en effet que « Nul
ne peut être forcé de contribuer aux dépenses d’un culte. La République n’en salarie
aucun.
C’était
trop beau, la loi Guizot de 1833 qui
institue les écoles publiques, y maintient
l’instruction religieuse obligatoire.
Les
Français vont vivre une marche à
reculons, avec des lois réactionnaires
Il
y a bien eu la Révolution
de 1848 et la proclamation de la seconde République., Mais l’assemblée
nationale élue, donne finalement une majorité pro cléricale avec Thiers.
La loi Falloux de 1850 organise le monopole
des congrégations religieuses sur l’enseignement
primaire, malgré la forte intervention de Victor Hugo à l’Assemblée nationale
contre le parti clérical. Je cite Victor Hugo qui demande
« l’Eglise
chez elle, l’Etat chez lui »
La
loi de 1905 si longuement élaborée peut être abimée, trahie par d’autres
messieurs Thiers, d’où notre vigilance.
Qu’expose
cette loi ?
La loi de 1905 proclame en premier lieu la liberté de conscience : "La République assure la
liberté de conscience". Elle a pour corollaire la liberté religieuse, la liberté d’exercice
du culte et la non-discrimination entre les religions.
Elle pose en second lieu le principe de la
séparation des Églises et de l’État : "La République ne
reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte". Il est mis
fin au Concordat instauré en 1801 qui régissait les relations entre l’État
et les cultes. Jusqu’alors, l’État reconnaissait quatre cultes (catholique,
réformé, luthérien, israélite) qui étaient organisés en service public du culte.
L’État payait les ministres de ces cultes et participait à leur désignation
ainsi qu’à la détermination des circonscriptions religieuses. Les autres cultes
n’étaient pas reconnus.
L’État se veut désormais neutre. Il n’y a
plus du tout de religion légalement consacrée. Tous les cultes sont traités de
manière égale.
Le régime de séparation a plusieurs
conséquences, prévues par la loi :
- le budget des cultes est supprimé, à l’exception du budget relatif aux aumôneries
des lycées, des hospices, des prisons, etc.
- Les aumôneries sont ainsi autorisées pour permettre le libre
exercice des cultes dans les lieux publics fermés.
Les établissements publics
du culte, jusque-là chargés de la gestion des cultes, sont remplacés par des
associations cultuelles.
Ces associations doivent avoir pour unique
objet l’exercice d’un culte. Elles ne peuvent pas recevoir de subventions
publiques. Leurs ressources doivent provenir de l’argent des cotisations
d’adhésion, des quêtes et des collectes pour l’exercice du culte.
L’Église catholique refuse de
constituer ces associations, qui ne reconnaissent pas l’autorité de l’évêque.
A suivre