https://www.vududroit.com/2024/05/le-massacre-de-gaza-est-il-un-genocide/
Le massacre de Gaza est-il un « génocide » ?
Le débat sur la nature de l’intervention israélienne à Gaza fait
rage. Les soutiens de l’État d’Israël gouverné par Nétanyahou qualifient
le massacre qui se déroule à Gaza de « défense légitime ». Les soutiens
de la cause palestinienne le qualifient du génocide.
Sur le plan de la communication cette question a une portée
considérable. Et en Occident, gare à ceux qui soutiennent l’hypothèse du
génocide. L’accusation « d’antisémitisme » fuse immédiatement, jusqu’à
Alain Finkielkraut disant que « l’usage du mot de génocide est lui-même
anti-juifs ».
Le problème, est que le Droit, international en l’occurrence, est
saisi par ce qui se passe en Palestine. Intuitivement, beaucoup pensent
que c’est la dimension quantitative du massacre qui importe, et qui
permet de reconnaître à un événement sa dimension génocidaire.
Depuis l’adoption en 1948, de la convention sur le génocide, le
problème se pose différemment. Le droit international a saisi le réel et
défini les conditions qui devaient être remplies pour que l’on puisse
utiliser le concept de « génocide ». Avec toutes les conséquences de
droit qu’implique cette qualification. C’est ainsi que son inscription
dans l’ordre juridique lui donne une portée pratique et opératoire.
Car le « génocide » est désormais une catégorie juridique. Qui existe
au-delà des mots, par une qualification dont découlent des conséquences
pratiques et opératoires. Depuis la Convention internationale de 1948,
le génocide est un crime prévu et réprimé par les textes internationaux,
approuvés et ratifiés par la quasi-totalité des états représentés à
l’ONU. Les juridictions internationales que sont la CIJ et la CPI sont
tenus de les appliquer. Et tous les états signataires d’en tenir compte.
IL Y A DONC UNE DÉFINITION JURIDIQUE DU GÉNOCIDE. Qui obéit à des critères, légaux, matériels et moraux.
C’est pour cela que ce qui se passe à Gaza (et en Cisjordanie) peut
être qualifié DE GÉNOCIDE AU SENS DE LA CONVENTION DE 1948. Cette
analyse est celle la majorité de la communauté internationale des
juristes. Et également provisoirement par la CIJ et la CPI qui
diligentent des procédures.
Comme d’habitude, la France, ou plutôt ses dirigeants politiques et
son système médiatique se signalent par des positions marquées, d’abord
par l’ignorance juridique, ensuite une partialité pro-israélienne qui ne
se dément pas. Il n’est que de relever l’attitude des journalistes de
plateau reprenant systématiquement les intervenants qui osent ainsi
qualifier le massacre de Gaza.
C’est la raison pour laquelle cette question mérite d’être clarifiée
pour permettre de savoir de quoi on parle. En faisant la différence
entre qualification juridique ce que nous prenons la responsabilité
d’effectuer, et la qualification judiciaire qui est celle qui résulte
d’une décision juridictionnelle légitime et définitive. On peut d’ores
et déjà s’interroger sur la régularité des procédures de la CPI qui se
déroulent sous les menaces physiques lancées par des parlementaires
américains…
Cour Internationale de Justice (CIJ) et Cour Pénale Internationale (CPI).
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