@Marc Dugois
@Hervé Hum
Hum : « La monnaie, en tant que moyen
d’échange du temps de vie et donc de la production de biens et service, doit
voir sa quantité en adéquation entre la production et la consommation dans un
cadre maîtrisé et en recherche d’équilibre économique, où l’épargne est alors
la variable d’ajustement de l’économie »
Dugois : « La valeur d’une monnaie est celle des richesses réelles en
garantie de cette monnaie et, pour remonter encore, celle de l’énergie humaine
qu’il a fallu dépenser pour obtenir cette richesse réelle, »
Vos conceptions de la
monnaie sont donc au fond quasi identiques, sauf le rejet, par Dugois, de la
pratique du crédit bancaire.
Supposons un travailleur de
province qui a absolument besoin d’une voiture pour aller à son boulot, et qui
devrait, par exemple, épargner pendant 5 ans pour se la payer. Mais comme il
n’a pas ce moyen de transport indispensable dans son cas, il ne peut pas
travailler pour payer sa voiture ! Alors qu’avec le crédit, le problème
est tout de suite réglé, même s’il y a des intérêts à payer en plus : du
moins il a son boulot, sa voiture, et encore plus, en fonction de son salaire.
Quoi qu’il en soit, pour le
salarié, c’est-à-dire la majorité de la population, l’argent, c’est
effectivement d’abord et avant tout du temps passé au travail, et donc aussi de
l’énergie dépensée au travail, et qu’il s’agisse d’un travail productif ou non,
cela ne fait donc pas de différence pour lui.
Par contre, du point de vue
économique global, cela fait donc une grosse différence, comme souligné dans
l’article :
https://cieldefrance.eklablog.com/le-macronisme-est-il-une-nouvelle-forme-de-capitalisme-ou-une-autre-forme-d-exploitation
Les travailleurs du secteur
tertiaire, non productif, ont néanmoins besoin pour leur vie familiale courante
d’autant de marchandises que ceux des secteurs productifs, alors qu’ils sont
quatre fois plus nombreux.
Ils consomment donc
globalement quatre fois plus de marchandises.
Et les 20% de travailleurs
du secteur productif n’ont besoin que de 20% des services globalement produits.
On en revient donc toujours
au fait qu’il n’y a pas « d’équilibre » possible au sens où
l’entendent aussi bien Dugois que Hum.
La différence de
« valeur » reste celle des marchandises qui n’est pas seulement
l’équivalent du travail humain productif, de l’énergie humaine des travailleurs
du secteur productif, mais de façon de plus en plus majoritaire, avec le
progrès technologique, l’équivalent du capital fixe investi dans la machinerie
automatisée et robotisée, des lignes de production industrielles modernes.
Dans une économie moderne il
y a donc nécessairement une part de dette incompressible pour le cycle de
renouvellement du capital fixe.
Il s’agit donc de la contrôler
et de la gérer au mieux en fonction des besoins sociaux réels, en évitant le
gaspillage et d’abord et surtout le parasitisme financier.
Entre besoins économiques et
sociaux, services, travail productif et renouvellement du cycle du capital
fixe, c’est donc d’un équivalent au sens large qu’il s’agit, pour une monnaie
moderne.
Réduire cette équivalence à
l’or est parfaitement ridicule : même si les USA possédaient à eux seuls
tout l’or du monde extrait depuis l’aube de la civilisation humaine, ils ne
rembourseraient avec qu’à peine plus d’un tiers de leur dette publique !
https://cieldefrance.eklablog.com/l-or-c-est-de-l-argent-qui-dort-mais-pas-toujours-paisiblement-a215724875
Il y a donc belle lurette
que les monnaies n’ont plus d’autre valeur que la « confiance » de
leurs utilisateurs, et dans le cas du dollar, « soutenue » par une
force armée capable d’imposer une « loi » transcontinentale.
Mais la « monnaie d’avenir »,
suivant le « modèle » du crédit social à la chinoise, sera très
certainement une MNBC, « Monnaie Numérique de Banque Centrale », adossée
à la simple volonté des Conseils de Gouverneurs des Banques Centrales de régler
via contrôle informatique programmé le pourquoi et le comment de chacune de nos
dépenses, et la production en conséquence.
Big Brother directement dans
notre portefeuille…
A moins d’un sursaut de
conscience collective, mais on ne le voit guère venir, même dans les colonnes
et les commentaires d’AgoraVox !
Luniterre