@Marc Dugois
@Hervé Hum
Globalement, tout système économique
humain, quelle que soit sa structure et son « orientation » idéologique
est d’abord et avant tout une structure dissipative d’énergie, au sens d’Ilya
Prigogine, (Prix Nobel de Chimie 1977) , et comme tout organisme vivant,
du reste, dans son rapport au reste de la nature : accumulation, stockage
et dissipation de l’énergie stockée, en flux plus ou moins continu.
Il n’y a donc pas d’« équilibre »,
en termes d’énergie, vu que cela participe du mouvement général de l’entropie
universelle qui mène l’univers à sa quasi « mort » ou quasi stase énergétique
dans un avenir cosmologique incontournable même si très lointain, et bien trop
lointain, en fait, pour penser que la race humaine survivra jusque là.
Ce qui varie donc selon les
époques, avec l’évolution technologique des moyens de production, c’est la
place et la forme que prend le travail humain dans cette structure dissipative
d’énergie. Et évidemment, la quantité globale d’énergie dissipée, toutes causes
confondues.
Dans la société capitaliste
le travail humain est le facteur principal d’accumulation et de stockage de l’énergie
et donc aussi de l’élargissement du capital en général, mais de plus en plus en « faveur »
du capital fixe avec la modernisation technologique.
Dans la société
banco-centraliste c’est la formation brute de capital fixe qui prend
définitivement le dessus, en termes de valeur ajoutée, par rapport à la main d’œuvre
salariée.
Mais c’est là ou intervient
la différence entre « valeur ajoutée » au sens général du terme, et « plus-value »,
qui n’est jamais qu’une petite partie de la valeur ajoutée par le travail
humain productif, et qui ne se retrouve pas, et même généralement, pas du tout,
sur le capital fixe, et d’autant moins que sa vitesse de renouvellement est
accélérée par l’innovation technologique et son cycle d’amortissement raccourci
d’autant et même le plus souvent, carrément amputé !
Le banco-centralisme cherche
donc à « équilibrer » par la création monétaire et la spéculation
financière le cycle « défaillant » du capital fixe. Mais comme il
sait qu’à plus long terme ce n’est pas possible il prépare donc un système à
terme entièrement basé sur les Monnaies Numériques de Banques Centrales (MNBC),
ce qui lui permettra de contrôler entièrement le cycle « production-consommation »
selon un schéma dont l’actuel « crédit social à la chinoise » n’est
encore qu’une pâle ébauche…
La situation actuelle est
donc une situation « intermédiaire » de l’évolution du système,
encore « capitaliste » en apparence et par bien des formes, mais déjà
banco-centralisée, pour l’essentiel, à l’échelle mondiale.
La Russie est encore le
dernier « îlot » à échelle continentale, à échapper à ce syndrome, notamment
en raison de sa structure productive : le secteur industriel y joue à nouveau un rôle essentiel, cherchant à recruter, et non pas à
débaucher, comme chez nous. Elle bénéficie, en outre d’une grande autonomie en matière
de ressources naturelles.
Avec le développement, tôt ou
tard, le passage du capitalisme au banco-centralisme est possible aussi en
Russie, et la question n’est donc pas de savoir si Poutine est « gentil »
ou « méchant », mais de savoir si cette situation « intermédiaire »
nous laisse ou non une chance de construire une alternative au système et si
oui ou non nous décidons de la saisir
pour construire notre propre alternative, et durable, tant qu’à faire,
au banco-centralisme, ou bien si nous attendons passivement que ce piège se
referme sur nous tout en dégoisant « idéalement » sur une utopie ou
une autre.
Luniterre